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La vaste opération de police menée par les autorités turques contre des éléments supposés appartenir à Daesh en Turquie et l’arrestation de 21 djihadistes, dont des Européens, a fait figure de Breaking news dans l’actualité turque. Les médias internationaux s’en sont emparés avec fébrilité pour souligner un possible tournant de la politique du gouvernement islamo-conservateur de Tayyeb Erdogan contre l’´organisation de l’Etat Islamique. Un tournant car la Turquie vit depuis longtemps sous l’accusation de complaisance, voire de complicité avec les réseaux et l’agenda de Daesh. Les autorités turques ne ratent aucune occasion de formuler les plus vives dénégations face à ses accusations.

Les détracteurs de la Turquie d’Erdogan basent leurs accusations sur trois indices significatifs. Le premier est son incapacité réelle ou feinte à stopper le flot de djihadistes européens qui se déversent sur les théâtres d’opérations en Syrie. Le second est le refus du gouvernement turc de participer à l’opération militaire internationale contre Daesh et ses hésitations à mettre à la disposition des américains la stratégique base militaire d’Incirlik. La troisième est cette tolérance turque de plus en plus visible face aux trafics commerciaux entre les régions contrôlées par Daesh et certains opérateurs turcs notamment la fameuse question du pétrole injecté par Daesh dans le marché mondial par le portail turc et qui participe à alimenter les finances et les capacités de l’organisation terroriste.

Cette situation soulevait tellement d’interrogations que certains n’hésitaient pas à parler d’un pacte secret de non agression entre la Turquie et Daesh. La Turquie ferme les yeux sur les passages de Djihadistes et les trafics juteux pour l’Etat islamique et le territoire turc est sanctuarisé. Mais vaste coup de filet turc contre Daesh est venu perturber cet ordonnancement. Il intervient après une rencontre sécuritaire de haut niveau entre américains et turcs. L’objectif étant de convaincre les autorités turques de s’impliquer d’avantage dans la guerre contre Daesh et de leur arracher l’autorisation d’utiliser la base d’incirlik. Jusqu’à présent la Turquie ne sort ses griffes militaires que lorsqu’il s’agit de contenir la tentation autonomiste des kurdes des pays voisins. Elle considère cette menace beaucoup plus vitale pour sa sécurité que ne pourra l’être Daesh.

La question qui taraude les esprits concerne l’éventuelle réaction de Daesh contre la Turquie. Quelles conséquences sécuritaires pour Ankara après cette déclaration de guerre contre l’Etat Islamique?

Source : Atlasinfo.fr

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