Lahcen Daoudi : « Le système de formation actuel a montré ses limites »

Lahcen Daoudi : « Le système de formation actuel a montré ses limites »

383
0
PARTAGER

« Le système de formation actuel a montré ses limites. 25 % du budget imparti à l’enseignement est dédié à l’enseignement de la communication. Ce qui veut dire que cela est fait au détriment des matières principales », a souligné le ministre qui était l’invité du « Forum Maroc Soir, 90 minutes pour convaincre » et dont les propos ont été publiés mercredi par le quotidien « Le Matin du Sahara et du Maghreb ».

« Dans les matières enseignées, il y a une prédominance de l’enseignement des introductions (introduction à l’étude de droit, introduction à l’étude de l’économie ) », a ajouté M. Daoudi, estimant que « le plan d’urgence a apporté des éléments positifs, mais sans répondre à l’essentiel, tant au niveau quantitatif que qualitatif ».

Il a indiqué que les chiffres montrent un manque flagrant d’effectifs, avec un enseignant pour 300 étudiants dans certains cas, faisant savoir que le nombre d’enseignants dans le supérieur ne dépasse pas les 13.000 pour 510.000 étudiants.

Le ministre a également déploré l’insuffisance des structures d’accueil et des amphithéâtres au sein des universités marocaines, ajoutant que son département réfléchit à la mise en place d’un système d’information « pour savoir ce qui se passe dans telle ou telle université ».

Evoquant le plan d’action 2013-2016 du ministère, M. Daoudi a affirmé que le principal axe consiste à procéder au regroupement des facultés et des structures d’enseignement supérieur pour qu’elles ne restent plus éparpillées, outre le renforcement des ressources humaines et matérielles (amphithéâtres, enseignants et bibliothèques).

Il a annoncé dans ce sens l’élaboration d’un programme spécial, hors du budget des universités, pour la construction de 25 amphithéâtres, le but étant de résoudre le problème du sureffectif.

Abordant la question de l’ouverture sur les universités étrangères, le ministre a fait savoir que l’enjeu « est de faire du Maroc un hub universitaire et d’attirer ainsi des étudiants africains et même du Moyen-Orient, y compris dans les disciplines littéraires ou juridiques ».

« Nous avons de grandes ambitions dans ce sens. Nous aspirons même à faire du Maroc une base de recherche-développement », a-t-il dit, estimant que « ces universités seront aussi un levier de développement économique et non pas seulement des vecteurs pour la promotion de la recherche-développement ».

Le ministre a par ailleurs souligné que les Marocains doivent s’ouvrir sur toutes les langues, faisant savoir que son département compte introduire au moins une matière en anglais chaque année dans les écoles d’ingénieurs et dans les facultés de médecine.

Il a dans le même cadre indiqué que les doctorants marocains qui maîtrisent l’anglais sont de plus en plus sollicités par les universités des pays du Golfe pour des postes d’enseignants.

S’agissant de la question de l’enseignement supérieur privé, M. Daoudi a affirmé que « le privé doit compléter l’offre de l’Etat et non pas la copier ».

« Le privé, qui joue un rôle très important en matière de formation supérieure, va siéger au sein de l’Agence qui sera créée et qui sera chargée de tout ce qui concerne les programmes et l’évaluation », a-t-il conclu.

 

Actu-maroc.com ____________________________

Commentaires