L’Allemagne mène la danse en Europe

L’Allemagne mène la danse en Europe

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Le président français a profité du 14e Conseil franco-allemand des ministres pour rendre à nouveau hommage au « modèle allemand ». « L’Allemagne a connu d’immenses réussites. Nous ne les jalousons pas. Nous voulons nous en inspirer », a dit Nicolas Sarkozy lors d’une conférence de presse conjointe au palais de l’Elysée, « et tant mieux que nos amis gagnent, progressent ou voient leur chômage diminuer. Le devoir des Français et du dirigeant que je suis est de s’inspirer de ce qui marche dans le monde et non pas de ce qui ne marche pas ».

L’idée d’apprendre des Allemands vient en fait d’un constat plutôt amer : que ce soit sur le terrain de l’emploi, de la compétitivité ou encore des déficits publics : l’économie d’outre-Rhin se porte mieux que celle de la France. La dégradation de la note souveraine de la France par l’agence de notation Standard & Poor’s, le 13 janvier, n’a fait que lever le dernier doute sur un phénomène à l’œuvre depuis déjà une décennie. Face au champion allemand de l’exportation qui a ramené son déficit public à 1% du PIB et son taux de chômage sous les 7%, la France ne fait pas le poids : son déficit public est supérieur à 5%, son taux de chômage dépasse les 9%.

Le revers de la médaille : des réformes douloureuses

Pour expliquer le succès allemand, Nicolas Sarkozy ne cesse de vanter les réformes sociales, mises en œuvre par le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder dans les années 2003/2004. Mais ce qu’on entend rarement, c’est que les Allemands ont payé un prix fort pour redevenir compétitifs. Les réformes, accompagnées d’ailleurs par un important mouvement de protestation, ont été douloureuses et le sont toujours.

Claire Demesmay de l’Institut allemand de politique étrangère dévoile l’autre face du « modèle allemand » . « La politique libérale d’Angela Merkel implique une certaine précarisation, notamment des salariés les moins protégés et les moins diplômés, confie Claire Demesmay. Il n’y a aucun salaire minimum pour l’ensemble des branches, et il y a un tas de gens qui gagnent un tout petit salaire. » Aujourd’hui, six millions d’Allemands ne vivent que grâce à des petits boulots à 400 euros par mois.

Il est vrai toutefois que les réformes du marché de travail ont contribué à ce que l’Allemagne reste compétitive dans un marché mondialisé et puisse donc garder son triple A.

Cette performance économique permet aujourd’hui à l’Allemagne d’exercer de facto également un leadership politique. « La France et l’Allemagne ne jouent plus dans la même catégorie », se lamentent des responsables politiques français. Ce qui est nouveau, c’est que Berlin assume désormais cette place à la tête de l’Europe. Pour Jacques-Pierre Gougeon, auteur de France-Allemagne : une union menacée ? un livre qui sera publié en mars prochain : « On a affaire à une nouvelle Allemagne (…), une Allemagne consciente de sa puissance et désormais décomplexée ».

Est-ce que ce double décrochage politique et économique entre les deux pays risque de nuire au couple franco-allemand? « Non, dit la politologue Claire Demesmay qui se montre convaincue que Berlin aura toujours besoin de la France. Il n’y a pas d’alternative. La France permet à l’Allemagne d’être entendu par les pays du sud, comme le Portugal, l’Italie ou la Grèce qui sont plus proches de la France ».

Le duo bien rodé fonctionne désormais différemment, avec Berlin qui prend la tête de la cordée – ce qu’illustre une caricature récemment apparue dans la presse française. L’image montre un Nicolas Sarkozy qui regarde derrière lui en lançant : « Angela, tu me suis toujours ? » et la même Angela lui répondant: « Je suis devant, Nicolas ! »

rfi.fr_______________

 

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