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L’Arabie saoudite a déclaré lundi qu’elle rétablirait les relations diplomatiques avec l’Iran une fois que Téhéran aura cessé de se mêler des affaires des autres pays, Ryad ajoutant qu’elle poursuivrait ses efforts en faveur de la paix en Syrie et au Yémen malgré la crise diplomatique. L’Arabie saoudite a rompu dès dimanche avec l’Iran pour dénoncer l’attaque la nuit précédente de son ambassade à Téhéran par des manifestants qui protestaient contre l’exécution du cheikh Nimr al Nimr, figure de la contestation chiite dans le royaume wahhabite. Riyad a ensuite annoncé la suspension de ses liaisons aériennes et de tous ses liens commerciaux avec la République islamique.

Prié de dire quelles étaient les conditions nécessaires pour le rétablissement des liens entre les deux pays, Abdallah Al-Mouallimi, l’ambassadeur de l’Arabie saoudite aux Nations Unies, a dit à des journalistes : « C’est très simple : l’Iran doit cesser (…) d’interférer dans les affaires internes d’autres pays, y compris le nôtre ». « Dans ce cas, nous aurons évidemment des relations normales avec l’Iran. Nous ne sommes pas les ennemis nés de l’Iran », a-t-il ajouté.

« Nous assisterons au prochaines discussions sur la Syrie et nous ne les boycotterons pas à cause de l’Iran ou de qui que ce soit », a-t-il dit.

La Turquie appelle au calme

La Turquie appelle l’Iran et l’Arabie saoudite à apaiser les tensions, soulignant que l’hostilité entre ces deux puissances du monde musulman ne pouvaient qu’envenimer la situation dans la « poudrière » qu’est le Moyen-Orient.

« Nous voulons que que ces deux pays renoncent immédiatement à la situation tendue qui va évidemment seulement aggraver les tensions déjà fortes existant au Moyen-Orient », a déclaré le vice-Premier ministre et porte-parole du gouvernement turc Numan Kurtulmus, cité par l’agence de presse Anatolie. « La région es déjà une poudrière », a-t-il poursuivi, qui s’exprimait après une réunion du gouvernement. « Trop c’est trop. Nous avons besoin d’être en paix dans la région », a-t-il encore dit.

Les relations de la Turquie avec l’Arabie saoudite se sont considérablement réchauffées ces derniers mois et, en décembre, le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est rendu à Ryad où il s’est entretenu avec le roi Salman. Ces deux pays, en très grande majorité peuplés de sunnites, ont notamment la même analyse du conflit syrien, considérant que seul le départ du président Bachar al-Assad, soutenu par l’Iran, Etat avec lequel la Turquie a ces derniers mois des relations de plus en plus tendues, pourra mettre fin à la guerre civile.  Evoquant à la fois l’Iran et l’Arabie saoudite, Numan Kurtulmus a cependant souligné que « ce sont deux pays islamiques majeurs pour la Turquie. Nous avons de bonnes relations avec chacun d’entre eux ».

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