L’art du faux

L’art du faux

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Comme la valeur monétaire des œuvres d’art dépend de l’identité de l’artiste, la demande pour certaines œuvres d’artistes bien cotés dépasse l’approvisionnement, d’où l’apparition d’œuvres frauduleuses. Cet art très lucratif consiste en, créer et notamment vendre, des œuvres d’art faussement attribuées à des artistes dont les œuvres ont une grande valeur.

Bien sûr, on a le droit de copier n’importe quelle œuvre. Mais du moment que l’on signe du nom de quelqu’un d’autre, il y a fraude –l’œuvre devient fausse. On peut produire du faux en le créant, ou en faisant passer quelque chose pour ce qu’elle n’est pas afin de gagner en valeur, ou encore en vendant une œuvre que l’on sait fausse.

Les faussaires bénéficient parfois de complicités à peine voilées. On dit que de richissimes galeries d’art et certaines maisons de vente aux enchères très connues ferment parfois les yeux sur certains abus. Mais il faut reconnaitre que, de manière générale, les prestigieuses maisons de vente aux enchères sont habituellement dépassées par le grand nombre d’œuvres d’art dont elles s’occupent.

Actuellement, le commerce mondial du faux est très juteux, surtout depuis l’avènement d’Internet et des nouvelles technologies liées à la robotique. Il paraît que pas loin de la moitié de l’art en circulation sur le marché international serait du faux et que beaucoup de ces faux sont régulièrement vendus dans d’illustres maisons de ventes aux enchères!

Le faux ne date pas d’hier! Les chinois le pratiquent depuis un millénaire : les fausses peintures ont été principalement créées par des étudiants qui cherchaient à imiter des maîtres. Les Romains ont copié des sculptures grecques dont beaucoup ont été vendues comme originales. Et les italiens ont copié, il y a quelques siècles, des statues grecques et romaines, qu’ils ont vendues comme authentiques.

Les faussaires d’aujourd’hui sont de tous les pays : hollandais, italiens, français, anglais, allemands, japonais, américains, flamands, turques, mexicains, espagnols, égyptiens, australiens, russes, ou chinois -pour ne citer que les plus actifs.

Un des plus célèbres faussaires de l’histoire de l’art est Elmyr De Hory (1906-1976), un hongrois qui a vécu sur l’ile d’Ibiza et qui a vendu des centaines de faux tableaux, dont notamment des Picasso, des Modigliani et des Matisse, sans jamais être condamné pour fraude! Après sa mort, il était tellement connu que ses faux étaient devenus hautement appréciés. Des faussaires ont même créé de faux « faux De Hory! »

Malgré cela, il paraît qu’en termes de gains, Elmyr de Hory se sentirait tout petit devant les faussaires d’aujourd’hui!

 

Dr Hamid Bouhioui, Artiste peintre

 

 

 

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