L’artisan et l’artisanat marocains sont en voie d’extinction ?

L’artisan et l’artisanat marocains sont en voie d’extinction ?

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L’artisan marocain est-il en voie de disparition ? Bien que la figure emblématique du confectionneur de babouche figeant le temps sur son ouvrage ne fasse pas encore définitivement parti du passé, il semble que le savoir-faire marocain est confronté à une profonde mutation qui touche le moteur même de l’artisanat : la transmission du savoir.

« Je ne sais pas si j’ai envi que mon enfant fasse lui aussi ce métier » soupire Haouzi Mohammed, artisan casablancais. Installé dans un des stands du salon de l’artisanat, événement initié par le ministère de l’Artisanat et de l’économie sociale et la Maison de l’artisanat afin d’encadrer un secteur fragilisé par la crise de 2009, Mohammed regrette les années fastes de l’artisanat.

« Nous ne produisons plus que 20% de ce qu’on réalisait il y a cinq ans » assure Mohammed,  expliquant qu’aujourd’hui les artisans sont obligés de se regrouper, notamment en coopératives, pour pouvoir survivre. « En effet, de nombreux petits métiers de l’artisanat disparaissent » regrette Omar Benlemlih, directeur de la Fédération des entreprises d’artisanat.

L’avenir est dans les nouvelles technologies

« Il est vrai que les petits artisans vivent souvent dans des conditions précaires » estime Benlemlih pour qui le problème des petits métiers de l’artisanat repose sur la faible quantité produite étant donné l’importance du temps consacré au perfectionnement du produit, mais aussi sur la stratégie de commercialisation et de distribution du produit.

Il convient ainsi, selon Benlemlih, de moderniser le produit, mais pas uniquement. « L’artisanat a besoin d’innovation » ajoute-t-il, refusant de croire que cette forme d’adaptation du produit artisanal puisse porter atteinte à l’âme de ce métier.

Les pouvoirs publics marocains ainsi ont mis sur pieds un programme qui vise à préserver ce patrimoine culturel marocain en se concentrant essentiellement sur la transmission du savoir.

Posté devant des écrans de télévisions diffusant dans un stand le processus de création de nattes artisanales, Hassan Ait Ali explique que l’avenir de l’artisanat est dans les nouvelles technologies.

Produits menacés d’extinction

Chargé des projets informatiques du programme de préservation du patrimoine artisanal lancé par le ministère de l’Artisanat, Hassan Ait Ali explique que le programme consiste à enregistrer et à rendre disponible sur internet des vidéos retraçant le processus de création de produits menacés d’extinction.

« Savez-vous qu’à Marrakech, il n’y a plus que Boukal, une personne âgée, à même de fabriquer ces pouffes » fait remarquer Hassan en désignant un des nombreux produits artisanaux concernés par le programme de préservation. « 14 métiers ont déjà été valorisés par ce programme. Cinq le seront chaque année, explique Mohammed Msellek, Secrétaire général du ministère de l’Artisanat qui refuse de croire que l’artisanat marocain est un secteur en crise.

« L’artisanat a généré un chiffre d’affaire de 20,2 milliards de dhs et créé plus de 52 000 emplois depuis 2007 » ajoute-t-il. Aadnaoui Abdellah, directeur général de la Maison de l’artisanat, est du même avis : « les exportation sont en augmentation de 18% durant les six premiers mois de cette année » se réjouit-il.

 

« Cette réalité économique concerne les structures organisés, les petits artisans demeurent fragiles » commente un proffessionel venu visiter le salon.

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