L’artiste peintre Amina Rezki ou le besoin d’exposer au Maroc

L’artiste peintre Amina Rezki ou le besoin d’exposer au Maroc

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-par Shéhérazade Alaoui-

De prime abord elle confie ce souhait à la Map lors du vernissage de son exposition à la galerie bruxelloise « Magh » dédiée au développement de la culture maghrébine .

 » Mon but est de revenir au Maroc avec quelque chose dans les mains, c’est un besoin pour moi de pouvoir exposer dans mon pays « ? clame-t-elle la mine avenante et le verbe spontané.

Ayant quitté à l’âge de cinq ans Tanger sa ville natale pour immigrer en 1967 avec ses parents en Belgique, aujourd’hui Amina Rezki ressent la nécessité d’un retour vers ses racines. Le besoin oppressant et pressant de retrouver son identité première, pénétrer ce Maroc profond et découvrir les courants de la peinture contemporaine de sa terre natale.

Aucun lien pourtant mais l’artiste parvient à connaître Fouad Bellamine, Mahi Bine Bine, Tibari Kantour qui tous apprécient son travail et l’incitent à venir au pays.

L’invitation n’est pas une complaisance de la part de ces peintres de renom car les toiles méritent le détour tant elles apportent des éléments inhabituels et éduquent notre regard en l’élargissant sur l’espace coloré.

Dans la série de toiles où chacune à son titre  » retournement « ,  » le miroir « ,  » le gris « , ligne rouge « , le peintre pudique s’exprime sous forme de rébus pour conter l’histoire silencieuse qui est également celle d’une maman de huit enfants.

Singulier et magnifique, le résultat est merveilleux et reflète bien au-delà d’une passion innée un travail expérimental entamé depuis 1982 date de son entrée à l’école des Arts de Bruxelles, réputée l’une des toutes premières d’Europe.

Diplômée également en Histoire de l’Art de l’école d’Art graphique d’Uccle, Amina Rezki n’est pas uniquement un pur produit académique.

Enfant, elle fut influencée par son père qui dessinait puis par les bonnes sœurs de l’école catholique de Bruxelles. Ces dernières lui avaient offert pour ses dix ans l’encyclopédie de Rubens qu’elle avait fini par recopier intégralement pour meubler ses moments de solitude.

A travers les modèles de Rubens, elle avait cherché dès sa prime enfance à comprendre ce que la peinture pouvait apporter à quelqu’un et bien plus tard ce sont Bacon et Paul Klee qui avaient apporté des éléments de réponse.

La vie ne fut pourtant pas facile pour cette artiste battante. Après plusieurs expositions collectives, Amina Rezki se fait un  » nom  » sur la place et monte sa première exposition individuelle.

Ses tableaux magnifiques, en grands et petits formats sont à l’acrylique et à l’encre de chine sur du papier marouflé et réalisés avec la plume, le fusain ou encore le crayon.

Le résultat est singulier même si le point de départ de l’œuvre globale est fait à partir d’un rien. « Une tâche jetée sur la toile déclenche mon imaginaire qui construit progressivement l’ensemble « , explique-t-elle.

Amina Rezki est donc une artisane de la toile. Elle est ce peintre laborieux qui n’attend pas dans son atelier que l’inspiration lui tombe du ciel. Tous les jours, elle travaille, tous les jours elle est devant son chevalet et tous les jours elle défie la toile blanche.

Lentement l’œuvre dans une palette argileuse mais où jaillissent des tons plus chauds et des coulures émerge pour offrir une réelle jouissance picturale.

C’est cette œuvre qui témoigne du dédale d’une expérience que l’artiste exposera en mai prochain à la galerie  » AB  » de Rabat.

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