L’avion disparu: les pilotes dans le viseur des enquêteurs

L’avion disparu: les pilotes dans le viseur des enquêteurs

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La police a perquisitionné samedi les logements des deux pilotes, le commandant Zaharie Ahmad Shah, 53 ans, et son copilote, Fariq Abdul Hamid, 27 ans, a confirmé dimanche le ministère malaisien des Transports.

Les proches ou collègues des deux hommes ont témoigné de leur professionnalisme et de leur caractère équilibré. Le commandant avait chez lui un simulateur de vol mais les experts du secteur aérien disent que ce n’est pas si rare chez les pilotes passionnés. Les experts examinent le simulateur. Le ministère précise que ces procédures sont « normales », au vu des circonstances.

La désactivation des systèmes de communication et le changement de trajectoire vers l’Océan indien « sont cohérents avec une action délibérée de quelqu’un » dans l’avion, qui a continué de voler près de sept heures, selon les autorités malaisiennes.

« Qui? Pourquoi? Où? », s’interrogeait dimanche en Une le quotidien malaisien New Straits Times.

Ces révélations ont accru la perplexité des experts et des médias, et le désarroi des proches des 239 personnes à bord, qui se raccrochent parfois à l’infime espoir que l’avion ait pu atterrir quelque part.

La famille de Bob et Cathy Lawton, un couple australien à bord du MH370, se dit anéantie en imaginant ce par quoi le couple est passé s’il y a bel et bien eu un détournement qui a duré des heures. « Même s’ils sont vivants, qu’ont-ils dû endurer? », a déclaré David Lawton, le frère de Bob, au groupe de presse News Limited. « Nous conservons encore des espoirs et des rêves. Mais en fait on ne sait plus trop ».

L’étendue des questions qui restent en suspens est aussi vaste que celle des zones de recherche.

- Le transpondeur, facile à déconnecter -

 

Après l’abandon des opérations en mer de Chine méridionale, les avions et navires d’une dizaine de pays se concentrent sur deux corridors: au nord, du Kazakhstan au nord de la Thaïlande, et au sud, de l’Indonésie à la partie méridionale de l’Océan indien.

Le couloir sud est jugé le plus vraisemblable par les analystes, qui soulignent que le couloir nord passe au-dessus de plusieurs pays, dont les radars militaires auraient forcément repéré un appareil. La Malaisie a d’ailleurs demandé à l’Inde de suspendre ses recherches dans le golfe du Bengale et près des îles Andaman et Nicobar, qui font partie du couloir septentrional.

Samedi, le Premier ministre de Malaisie Najib Razak a refusé de confirmer un détournement. Les enquêteurs ont « déplacé leur enquête sur l’équipage et les passagers », a-t-il déclaré. Un expert aéronautique ayant requis l’anonymat souligne qu' »il est extrêmement facile de déconnecter le transpondeur », un émetteur-récepteur automatique. « La déconnexion a pu être faite par l’équipage ou un passager ayant suivi trois ou quatre leçons de pilotage ».

Beaucoup plus difficile à fermer en revanche, le système ACARS, dont est doté le Boeing 777 et qui permet d’échanger des informations entre l’appareil en vol et le centre opérationnel d’une compagnie aérienne. Selon l’expert, « il nécessite d’avoir une excellente connaissance de l’appareil ».

- Du carburant pour voler huit heures –

 

Toujours au niveau de l’enquête, les experts, à bord d’un Boeing 777, ont reconstitué il y a quelques jours le vol MH370. Cette opération leur a permis de vérifier la route qu’a suivie l’appareil, selon les données recueillies par satellite et radars, du moins lors des premières heures. L’avion a fait demi-tour à mi-chemin entre la Malaisie et le Vietnam, traversé la péninsule malaisienne, avant de filer nord-ouest vers la mer d’Andaman, a indiqué à l’AFP un responsable militaire.

« Nous devons garder à l’esprit que nous en sommes encore au début de l’enquête, bien qu’une semaine se soit écoulée depuis le décollage de l’avion », note Anthony Brickhouse, membre de la Société internationale des enquêteurs sur la sécurité aérienne.

« Nous n’avons pas beaucoup d’indices: pas d’avion, pas d’épave, pas beaucoup de données électroniques provenant de l’appareil ».

Les données satellitaires collectées ne permettent pas de déterminer l’endroit où l’appareil se trouvait, au terme des presque huit heures de vol –une heure avant qu’il disparaisse des radars, puis près de sept heures une fois les communications rompues–.

Ses réserves de carburant lui permettaient de voler quelque huit heures.

Le MH370 a changé de cap une heure après son décollage de Kuala Lumpur à destination de Pékin, avec 239 personnes à bord. Il était 01H30 du matin, samedi 8 mars, la nuit était claire et le Boeing 777, un des avions les plus sûrs au monde, n’a envoyé aucun signal de détresse.

 

 

 

 

AFP

 

 

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