«Crise réelle» : L’IRT se trouve dans l’impasse

«Crise réelle» : L’IRT se trouve dans l’impasse

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L’Ittihad de Tanger (IRT), l’un des clubs les plus emblématiques de la région du Nord, s’est empêtré depuis des années dans une série de crises et de mauvais résultats qui ne semble pas trouver une issue proche, au grand dam des nombreux supporters de cette équipe pensionnaire de la deuxième division qu’elle n’a plus quittée depuis 2007.

Des problèmes complexes et à plusieurs niveaux font durer cette situation, notamment la mauvaise gestion, l’insuffisance des moyens financiers et le désintérêt des sponsors, en plus des changements incessants dans le staff technique et la liste des joueurs, ce qui pénalise lourdement la cohésion du groupe.

Après avoir présenté sa démission une première fois en juillet dernier avant de se rétracter, le président du club, Adil Defouf a, récemment, de nouveau présenté sa démission et menacé de jeter définitivement l’éponge, ce qui pourrait longer le bureau directeur dans une sérieuse crise de gestion.

Les causes de cette nouvelle démission sont les mêmes qui ont motivé la première. Selon des sources proches du club, Adil Defouf est découragé par «le manque de ressources financières et des difficultés de gestion», des raisons qu’on avançait déjà en 2010 lors de la dissolution de l’ancien bureau directeur, et qui ont poussé les différentes sections du club à menacer de se retirer de toutes les compétitions sportives, si aucune solution n’est trouvée.

Dans une déclaration à la MAP, Defouf a qualifié de «crise réelle» la situation de l’IRT et du sport local en général, expliquant que l’accumulation des problèmes depuis des années a «entaché l’image du club et de sa direction».

Dans ce sens, les acteurs sportif et associatifs de la ville ont indiqué que l’IRT vit une crise à plusieurs niveaux, qui se traduit par les lacunes de gestion, l’absence d’une vision, d’objectifs claires et d’un plan d’action prenant en considération les besoins financiers et le peu d’intérêt accordé à la formation et les jeunes catégories.

La formation, la grande absente
Pour beaucoup d’observateurs, la situation financière du premier club de Tanger est difficilement compréhensible étant donné que la ville constitue le deuxième pôle économique du Maroc.

Malgré cette situation, Defouf porte encore des espoirs sur les acteurs économiques locaux pour trouver une solution dans les semaines à venir, en assurant des ressources financières stables à même de permettre la mise en place de plans de développement du club.

Bien que Tanger dispose désormais d’infrastructures sportives de haut niveau, l’absence d’une formation adéquate reste un grand obstacle, vue l’incapacité du club à faire émerger des talents locaux qui, normalement, devraient constituer la colonne vertébrale de l’équipe. En effet, depuis des années, l’IRT ne compte pas plus de trois joueurs issus de la région dans sa formation principale.

Pourtant, selon Defouf, le club dispose d’infrastructures sportives parmi les meilleurs au Maroc, dont un centre de formation nouvellement créé, ajoutant que l’obstacle principal devant la formation reste les problèmes financiers «qui ne permettent même pas de payer les joueurs, encore moins d’envisager des programmes de formation coûteux».

«Lorsque l’IRT aura un financement approprié, on pourra parler de formation. C’est un cercle vicieux duquel le club n’arrive toujours pas à s’en sortir», a-t-il admis, affirmant que la direction du club est consciente que l’avenir du premier club d’une ville comptant plus d’un million d’habitants repose naturellement sur les joueurs locaux.

Par ailleurs, les observateurs pointent aussi du doigt les signes d’incohérence et d’instabilité qui ont marqué la direction sportive de l’équipe, le staff technique ayant été dirigé par pas moins de 20 entraîneurs en quelques années, avec le transfert, dans les deux sens, d’une centaine de joueurs.

«Le peuple veut l’IRT en première division !»
Loin de toutes ces considérations techniques ou financières, les supporters haussent le ton et exigent de tous les intervenants d’œuvrer pour réaliser le retour tant attendu à la première division, avec une équipe forte et bien soudée.

Les aficionados tangérois, surtout ceux affiliés aux groupes de supporters «9 Avril» et «Ultra Hercules», ont même emprunté au printemps arabe l’un de ses slogans les plus célèbres «Achaab Yourid» (le peuple veut) en le retouchant pour l’occasion.

«Le peuple veut l’IRT en première division !», ont ainsi scandé les participants à un sit-in et à une marche symbolique organisés la semaine dernière pour attirer l’attention des autorités locales sur la situation du club.

Dans une allocution lue au nom des participants à cette manifestation par le président de «9 Avril», Mohamed El Mfaddel, les représentants des supporters ont appelé à capitaliser sur les efforts fournis par l’Etat dans la promotion du secteur sportif à travers les nouvelles infrastructures sportives, préconisant la création d’un comité de sages formé par les anciens présidents du club et les acteurs de la société civile pour trouver une issue à cette crise.

Même si l’IRT enregistre cette saison de meilleurs résultats en deuxième division que lors des années précédentes, durant lesquelles il a failli se voir reléguer en division amateur, les supporters de l’équipe n’exigent pas moins qu’une qualification en ligue professionnelle, seule place qui, à leurs yeux, cadre avec l’histoire du club et traduit l’importance historique et économique de la ville du Détroit.

MAP______________

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