Le bras de fer continue entre El Ouardi et les médecins du...

Le bras de fer continue entre El Ouardi et les médecins du privé

373
0
PARTAGER

Le bras de fer entre le ministre de la Santé et les syndicats des médecins et des cliniques privées se poursuit. Voire il durcit ne promettant rien de bon. A l’origine, le projet de loi élaboré par le
ministre El Hocine El Ouardi autorisant les non médecins à investir dans les cliniques et à en construire d’autres…

Dans une intervention pour expliquer son projet, M. El Ouardi a relevé que l’ouverture du capital des cliniques aux non professionnels du secteur est assujettie à plusieurs conditions, dont la principale est la décision médicale relève toujours des médecins et que la direction de la clinique reste aux mains des médecins. « Mais le projet vise à créer la concurrence et donc à inciter les professionnels à donner le meilleur d’eux-mêmes. »

Il n’en fallait pas plus pour que les médecins se braquent. Pour le docteur Mohamed Naciri Bennani, président du syndicat des médecins privés, « on ne peut pas accepter que des termes de la loi du marché servent de moyens pour faire passer des projets touchant la santé des Marocains. La santé des Marocain n’est pas une marchandise pour faire l’objet d’un quelconque type de concurrence».

Table des négociations

Même point de vue du docteur Mohamed Chehbi, ophtalmologue que nous avons contacté. Pour lui, « le système de santé au Maroc a besoi d’être revue de fond en comble. Mais on ne peut pas accepter ce projet ministériel puisque cela risque de nuire à la santé des Marocains. Les cliniques privées ou publiques doivent être gérées et dirigées par des professionnels de la santé. Ils savent quelle décision prendre au moment où il le faut », dit-il.

Dans une tentative de désamorcer cette crise, le ministre El Ouardi a décidé d’organiser en ce début de semaine une rencontre avec les divers syndicats des médecins privés et des cliniques. Peine perdue puisque les syndicats ont refusé de rencontrer le ministre tant que le projet n’est pas retiré. « On ne sait pas ce qu’on va nous dire puisqu’au moment où le ministère nous invite à la table des négociations, le projet est déposé au secrétariat général du gouvernement pour aval juridique avant de suivre son chemin réglementaire… », nous déclare un médecin membre de l’organisation
démocratique du travail.

Une situation de blocage se profile à l’horizon à moins que le ministre ne décide de revoir son texte. « Forcer le passage en déposant le projet devant le parlement ne réglera rien, au contraire,
il compliquera davantage la situation », conclut M. Naciri Bennani. Ce à quoi répond un proche du ministre en disant que « le projet est proposé au débat et au lieu de le vouer aux gémonies, il aurait fallu l’enrichir et discuter sereinement des points de désaccords. »

 

actu-maroc.com ____________________

Commentaires