Le Cinéma marocain connaît un développement significatif (critiques)

Le Cinéma marocain connaît un développement significatif (critiques)

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Le nombre important de films et de courts métrages réalisés, de même que la variété et la richesse des thèmes abordés par les réalisateurs marocains, jeunes ou confirmés, reflètent bien cette progression, qui est un signe prometteur du 7ème art national, ont-ils indiqué.

Le Maroc a produit l’année dernière près de vingt films et des dizaines de courts métrages et les sujets traités sont d’ordre social, politique et culturel, a-t-on fait remarquer, mettant l’accent sur le nombre important de manifestations cinématographiques organisées dans différentes villes du Royaume et sur la présence du cinéma marocain à l’échelon international.

Ils ont toutefois déploré l’absence d’une véritable industrie cinématographique, l’hémorragie de fermeture des salles obscures et la chute libre du nombre d’entrées.

Initiée par le Centre d’études et de recherche humaines et sociales d’Oujda « CERHSO », cette journées d’étude a réuni une pléiade de critiques et de chercheurs qui ont débattu du parcours du cinéma marocain, ses orientations, sa relation avec la société et les préoccupations des citoyens, son avenir et les défis à relever, ainsi que du « cinéma au Maroc et le cinéma marocain », la formation scénaristes, et du cinéma et l’identité marocaine.

Soulignant le rôle joué par le Fonds d’aide pour booster la production cinématographique et promouvoir le rayonnement du cinéma marocain, le critique Mustapha Taleb a relevé que l’Etat veut faire de cette expression culturelle « un tremplin vers le développement ».

La thématique retenue pour cette rencontre est intéressante puisque le cinéma est au centre même du débat politique, culturel et économique, a dit M. Taleb qui, tout en mettant en avant la diversité des questions soulevées par les réalisateurs marocains, a déploré une « certaine transgression du code culturel et de l’identité marocaine ».

De son côté, l’enseignant-chercheur, Moulay Driss Jaidi, est revenu sur le succès qu’a connu le cinéma marocain dans les années 70 avec des films tels que « Washma » de Hamid Bennani, « Mille et une mains » de Souhail Ben Barka, « Alyam Alyam » de Hamid Bennani, et « Mirage » d’Ahmed Bouanani, rappelant que la création, en 1980, du Fonds d’aide à la production cinématographique a permis le démultiplication de la production suscitant une évolution qualitative du cinéma marocain.

En 1991, à travers le festival national du film de Meknès, « on a assisté à une sorte de réconciliation entre le public marocain, son cinéma et ces acteurs, et à une prise de conscience chez les réalisateurs pour pouvoir aller vers d’autres catégories et thématiques pouvant intéresser le public », a-t-il poursuivi.

Maintenant, le Maroc connait une production assez consistante grâce à l’avance sur recettes accordés par le Centre cinématographique marocain (CCM) et beaucoup de films ont été primés à l’étranger, a affirmé M. Jaidi, dans une déclaration à la MAP, saluant l’apport des réalisateurs de la diaspora qui, selon lui, « ont apporté un autre regard et enrichi l’approche cinématographique ».

Revenant sur le recul du nombre des spectateurs, de 45 millions dans les années 80 à deux millions actuellement, et des salles de cinéma et sur le problème de piratage qui a donné « le cou de grâce à cette production », il a parlé de « l’absence d’une vraie politique synthétique qui aurait pu allier entre production, exploitation et distribution ».

« Il y a des perspectives très intéressantes qui se profilent à l’horizon, mais il faut redéfinir une stratégie globale pour assurer une production pérenne », a-t-il dit, ajoutant qu’une « véritable industrie cinématographique suppose l’existence d’une infrastructure vraiment complète ».

Il a, par ailleurs, indiqué que les cinéastes doivent « assimiler et anticiper les mutations que connait le Maroc pour pouvoir développer et élaborer des productions de très grande qualité et sensibiliser le spectateur à ce qui se passe », précisant que dans le cinéma, « il y a un travail de réflexion, d’écriture et de sensibilisation pour pouvoir amener les gens au-delà de ce qu’ils sont en train de vivre ».

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