LE DRAME DES AVORTEMENTS CLANDESTINS

LE DRAME DES AVORTEMENTS CLANDESTINS

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Ayant tout comme nous le référentiel religieux comme ligne de conduite, des pays comme l’Iran, la Tunisie, l’Egypte ou la Somalie ont su apporter des arbitrages judicieux. L’Iran considéré comme un chantre de l’orthodoxie religieuse musulmane a été jusqu’à légaliser l’avortement en cas de viol ou d’inceste. C’est dire…

Alors comment se fait-il que le Maroc continue d’observer une attitude rétrograde en la matière et traîner les pieds pour changer la loi, de plus en plus contestée par des pans entiers de la société civile. Le PJD, parti conservateur par excellence avait lui-même ouvert le débat au parlement en 2008. Aujourd’hui qu’il dirige le gouvernement, il s »évertue à éluder cette question et estime que la société n’est pas assez mûre pour accepter un changement de mentalité et de législation. Pourtant les chiffres relatifs à cette question interpellent plus d’un et nous plongent dans un gouffre d’incompréhension: On estime entre 600 et 800 le nombre d’avortements clandestins par jour et à 500 000 le nombre d’enfants nés hors mariage entre 2003 et 2009. On enregistre également 11,46% de naissances hors mariage et 50 % le pourcentage de mères célibataires qui abandonnent leur enfant à la naissance. pour la seule ville de Casablanca, on fait état de 90 à 100 cadavres de nouveaux-nés enterrés chaque jour. Plus grave encore, le taux de mortalité maternelle due à l’avortement avoisine les 13,13%.

Bien que le constat soit effrayant , le problème de l’avortement clandestin reste reléguée au second plan. Les nombreuses situations de détresse dont il est la cause ou la conséquence n’émeut guère les responsables qui continuent de faire la sourde oreille aux revendications pour un changement d’approche face à un fléau social de grande ampleur. Les grossesses non désirées de femmes désemparées, les viols, les incestes, des jeunes filles en bas âge enceintes qui fuguent , sans parler des risques graves pour les médecins et sage-femmes qui pratiquent ces avortements et dont plusieurs croupissent en prison pour actes médicaux illégaux… rien ne semble ébranler l’hypocrisie qui entoure cette fatalité sous des prétextes peu crédibles.

 

 

Jalil Nouri pour actu-maroc.com

 

 

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