Le gouvernement BENKIRANE

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Plus d’un mois après des législatives anticipées dans le tumulte du Printemps arabe, un gouvernement dirigé pour la première fois au Maroc par un islamiste, Abdelilah Benkirane, a été désigné mardi par le roi Mohammed VI.

Le Parti justice et développement (PJD), dont le chef est M. Benkirane, a obtenu 12 ministères sur 30 dont ceux des Affaires étrangères et de la Justice qui seront respectivement dirigés par Saad-Eddine El Othmani et Mustafa Ramid.

L’important ministère de l’Intérieur lui a toutefois échappé au profit de Mohand Laenser, chef du Mouvement populaire (libéral), ainsi que la Défense, qui reste dirigé par Abdellatif Loudiyi, un indépendant.

Dans une déclaration à l’AFP, le nouveau chef de gouvernement Abdelilah Benkirane a indiqué: « nous allons travailler pour que les investisseurs, étrangers et marocains, aient davantage de confiance ».
« Notre gouvernement respectera tous les engagements que le Maroc a signé, notamment sur le plan international. Nous ferons également tout pour améliorer les conditions de vie de nos citoyens », selon M. Benkirane.

C’est au palais royal de Rabat, auquel les membres du gouvernement ont été convoqués mardi matin, que ces derniers ont été désignés par le souverain.

Aux élections du 25 novembre, le PJD est arrivé en tête avec 107 sièges et son chef Abdelilah Benkirane a été ensuite chargé de former un gouvernement par le roi.

La nouvelle constitution, adoptée en juillet 2011 par référendum et qui réduit les prérogatives du souverain, attribue en effet le poste de chef du gouvernement au parti ayant remporté le plus de sièges aux législatives.

Le PJD et l’Istiqlal (conservateur, 60 élus) forment la coalition gouvernementale en compagnie du Mouvement populaire (MP, 32 sièges) et du Parti du Progrès et du socialisme (PPS, ex-communiste, 18 élus).

Les partis islamistes issus des élections dirigent donc désormais les gouvernements en Tunisie et au Maroc. Ils sont clairement en tête aux élections en cours en Egypte.

Le nouveau gouvernement ne compte qu’une seule femme: Bassima Hakkaoui (PJD), ministre de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social.

Vingt-quatre personnes occupent des postes ministériels pour la première fois.

Trois départements n’ont pas changé de titulaires: les Affaires islamiques (Ahmed Taoufiq), l’administration de la défense (Abdellatif Loudiyi) et l’Agriculture (Aziz Akhennouch).

Six ministères ont été attribués à l’Istiqlal, dont celui des Finances et de l’Economie, que va diriger Nizar Baraka. Selon ce dernier, « il y a énormément d’attente et cette nomination intervient après des réformes qui ont été présentées aux citoyens dans une période particulière ».
« Nous travaillerons avec un enjeu important: assurer les équilibres macro-économiques tout en préservant les équilibres sociaux », a ajouté M. Baraka.

La lutte contre le chômage des jeunes et l’amélioration des conditions de vie des Marocains constituent l’enjeu de ce gouvernement, selon les observateurs.

Dans le tumulte du Printemps, le roi Mohammed VI a fait adopter en juillet 2011 une nouvelle constitution renforçant les attributions du Premier ministre tout en préservant la prééminence de la monarchie.

Le pouvoir en place autour du Palais avait été contesté depuis le début de l’an dernier par des jeunes manifestants dans la rue.

Composé de cybermilitants laïcs et de gauchistes, et jusqu’à récemment d’islamistes fondamentalisme, le « Mouvement du 20 février » continue de manifester dans certaines villes du royaume pour revendiquer des réformes politiques, moins de corruption et une plus grande justice sociale.

Au lendemain de sa désignation à la tête du gouvernement, Abdelilah Benkirane a déclaré qu’il était « prêt à dialoguer avec les jeunes du Mouvement du 20 février ».

AFP__________________________

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