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Le jeûne des diabétiques: un comportement à risque contraire aux préceptes de l’Islam et aux conseils des médecins

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- Par Brahim Jamli -

En jeûnant, les personnes atteintes du diabète s’exposent à des complications sévères liées à la tension artérielle, aux maladies cardiovasculaires, à l’insuffisance rénale, outre les complications dégénératives du diabète, ce qui est contraire à l’importance qu’accorde l’Islam à la préservation de la santé.

Si comme l’ensemble des musulmans, les diabétiques veulent accomplir le jeûne, un des cinq piliers de l’Islam, en espérant une récompense divine et une rémission de leurs péchés, il n’en demeure pas moins que pour le sujet diabétique, le jeûne constitue un acte répréhensible puisqu’il nuit à sa santé.

Toutefois, la pratique du jeûne par le patient diabétique est contraire aux préceptes de l’Islam qui est une religion de tolérance, partant du verset coranique « Allah cherche à vous faciliter l’accomplissement de la règle, il ne cherche pas à vous la rendre difficile « .

DES DONNEES MEDICALES CONCLUANTES DECONSEILLENT AUX DIABETIQUES DE JEUNER

Le degré de risque du diabète, qui touche plus de 2,5 millions de Marocains, est déterminé sur la base notamment du taux d’insuline fabriqué par le corps, les complications liées au diabète, l’âge du malade et son état de santé.

Dans ce cadre, l’endocrinologue, Mme Hind Zerrad souligne que les sujets atteints du diabète de type 1 ou diabète insulinodépendant (DID) ne sont pas tenus de jeûner car ils doivent s’injecter de l’insuline deux à trois fois par jour.

Le jeûne des patients atteint du DID les exposent à des complications notamment l’insuffisance rénale, le coma diabétique et l’augmentation du taux de glycémie accompagné de l’acétone, a-t-elle déclaré à la MAP.

Toutefois, a-t-elle ajouté, les diabétiques, qui prennent de l’insuline une fois par jour, sont autorisés à jeûner à condition de contrôler le taux de glycémie dans le sang.

Par contre, les patients atteints du diabète de type deux, qui ne prennent pas d’insuline et suivent un régime alimentaire approprié, peuvent jeûner sans, toutefois, abuser des sucreries et des aliments gras, a-t-elle recommandé.

Dans le même sens, le spécialiste des maladies cardio-vasculaires, M. Abdelhakim Merzou a mis l’accent sur les conséquences dues au jeûne des personnes souffrant de maladies chroniques, telles le diabète, soulignant que les patients peuvent jeûner si leur état de santé est stable à condition de respecter scrupuleusement les heures de prises des médicaments et de consulter régulièrement un spécialiste.

L’attitude désinvolte et nonchalante des patients par rapport au diabète, notamment les personnes âgées, les femmes enceintes, les diabétiques dont la maladie a atteint un état avancé, entraîne des complications aiguës de la maladie et un dérèglement du taux sanguin de glucose que le patient s’efforce de préserver durant toute l’année, a-t-il indiqué.

Toutes ces données tangibles confirment le danger du jeûne pour les patients dont la maladie a atteint un état avancé ainsi que les précautions qu’ils doivent prendre en jeûnant sachant que la religion musulmane autorise les malades chroniques à ne pas jeûner.

LA PRATIQUE DU JEUNE PAR LES PATIENTS DONT LE DIABETE A ATTEINT UN ETAT AVANCE EST CONTRAIRE AUX PRECEPTES DE L’ISLAM

La législation islamique autorise les patients ayant un diabète instable à ne pas jeûner conformément aux paroles divines : « Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité. Elle sera récompensée du bien qu’elle aura fait, punie du mal qu’elle aura fait « .

Dans cette optique, M. Larbi Mouaddine, membre du conseil local des oulémas a souligné que la religion musulmane, partant des sources du droit musulman et de l’unanimité des Oulémas, autorise les patients dont le diabète a atteint un état avancé à ne pas jeûner et les invite à ne pas s’exposer à des risques potentiels conformément au verset coranique : »Et ne vous jetez pas par vos propres mains dans la destruction. Et faites le bien. Car Allah aime les bienfaisants ».

La religion autorise le patient diabétique dont l’état de santé ne permet de jeûner ce mois béni à appliquer la prescription religieuse consistant à nourrir chaque jour un pauvre, un acte qui renforce les valeurs de solidarité et d’entraide sociale, a souligné M. El Mouaddine.

La patient, qui s’acharne à vouloir jeûner, doit être conscient qu’il risque une aggravation de sa maladie et qu’il met sa vie en danger, a-t-il averti, assurant que la non-observation du jeûne par le malade ne constitue pas un péché.

Bien que la religion musulmane recommande aux fidèles de ne pas mettre en péril leur santé, de nombreux patients dont le diabète est compliqué s’acharnent à vouloir jeûner, invoquant le regard de la société et estimant que manger pendant le mois de Ramadan pourrait nuire à leur réputation et à leur rang social.

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