Maison A la une Le Liban célèbre sa fête nationale entre tourmente et incertitudes

Le Liban célèbre sa fête nationale entre tourmente et incertitudes

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La fête nationale du Liban qui sera célébrée ce mercredi intervient à un moment où la guerre d’influence pour le pouvoir d’ingérence reprend de plus belle et a même pris un tournant vertigineux!
Mais cela n’est pas nouveau,  car le Liban connaît  et a , depuis longtemps,   l ‘habitude des ingérences étrangères..
Il y a eu les Américains,  Israël,  la Syrie , l’Iran et bien sûr la France. .
Mais là ce qui a changé , c’est la démission du premier ministre Libanais Saad Hariri depuis l’Arabie Saoudite où on le croyait pris en otage et manipulé par Ryad contre Téhéran.
Devant rentrer à Beyrouth , pour cette fête nationale après avoir rencontré le président français Emmanuel Macron samedi dernier à Paris et après une escale prévue au Caire mardi  pour s’entretenir avec le président égyptien Abdelfettah Alsissi ,  Saad Hariri s’est lui même mis dans un embarras politique à peine croyable.
Surtout vis à vis du Hezbollah qu’il a accusé  de vouloir le liquider .
Le Hezbollah est un acteur politique majeur et incontournable sur la scène libanaise, alors comment se fait-il que Saad Hariri  n’ait pas  compris qu’il n’était  pas dans son intérêt de rentrer en conflit direct avec le grand parti Chiite.
Le Hezbollah qui a chassé l’armée israélienne du sud Liban après une guerre acharnée a gagné la sympathie des libanais , jouit depuis d’une légitime politique incontestable. Même si Hariri  ne fait pas l’unanimité tant que politicien, sa demission a provoqué une large  solidarité au Liban  et pas seulement dans son parti,  car les Libanais le croiyaient en «captivité» en Arabie Saoudite. C’est un moment rare au Liban quand le sentiment national  prime sur l’appartenance  partisane !
Dimanche soir, quand Hariri est allé à la télévision libanaise pour la première fois expliquer sa soudaine démission une semaine plus tôt, il avait l’air épuisé. « Je voulais faire un choc positif pour le peuple libanais afin que les gens sachent à quel point la situation dans laquelle nous nous trouvons est dangereuse », a-t-il déclaré.
En effet, sa démission, effectuée via la chaîne d’information Al-Arabiya, financée par l’Arabie Saoudite depuis Ryad, a été un  véritable choc. Rien de tel ne s’était déjà produit auparavant. Il a accusé l’Iran et son allié libanais, le Hezbollah, de déstabiliser son pays et la région. Il a également affirmé qu’il y avait une menace contre sa vie.
Certains au Liban, y compris le président largement soutenu, ont fait savoir qu’il y avait une explication différente, que l’Arabie Saoudite était en quelque sorte derrière la démission de leur premier ministre. Cette dernière niera fermement cette affirmation. Mais si les anciens partisans de Hariri à Ryad espéraient que son retrait entraînerait une vague de fond contre le Hezbollah, ou ses alliés dont le rival iranien de l’Arabie Saoudite , ils ont été  franchement déçus!
Le lendemain de la démission de Hariri, le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah est apparu sur Al-Manar, la chaîne de télévision du Hezbollah, et a calmement suggéré que Hariri n’était pas un homme libre, que l’Arabie saoudite a dicté sa démission. Nasrallah n’a pas attaqué Hariri, mais a plutôt exprimé sa sympathie pour l’ancien Premier ministre de 47 ans.
Et ce n’était pas seulement Nasrallah. Mercredi, le président libanais Michel Aoun a déclaré aux journalistes que M. Hariri était un « otage » en Arabie saoudite. Sa détention, a déclaré Aoun, « est une attaque contre nous, et c’est une attaque contre notre indépendance ». Mais  aujourd’hui,   est difficile de  penser que Hariri est le maître de son propre destin.
Peu de temps après la démission de Hariri, le ministre saoudien des Affaires du Golfe, Thamer Sabhan, avait averti les Libanais qu’ils devaient choisir «soit la paix, soit vivre dans le cadre politique du Hezbollah».
Pour le reste , lundi dernier Téhéran a jugé sans grande valeur la déclaration commune des pays arabes concernant la menace iranienne. C’est dire combien et comment certains n’ont pas cessé de souffler sur les braises!
Le rôle du premier ministre libanais,  pour conclure,   est celui  de préserver  l’unité des libanais , sauvegarder   la sécurité du pays et éloigner par tous les moyens le spectre d’une nouvelle guerre civile.
Une guerre où le Liban n’aurait rien à gagner et tout à perdre.

Par Hafid Fassi Fihri

Actu-maroc.com

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