Le Maghreb a besoin de stabilité pour réussir les réformes démocratiques

Le Maghreb a besoin de stabilité pour réussir les réformes démocratiques

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« Un nouveau Maghreb avec de nouvelles opportunités et de nouvelles perspectives est en train de naitre et a besoin de stabilité pour réussir les différentes réformes à caractère institutionnel, politique et économique », a ajouté M. El Malki, dans une déclaration à la MAP en marge de sa participation au Conseil de l’International Socialiste (IS) qui se tient à Cascais, dans la région de Lisbonne sous le thème « L’économie mondiale: notre vision pour la croissance, l’emploi et un développement durable ».

« Il est temps pour les pays du Maghreb de se tourner vers l’avenir et de jeter les bases de manière conséquente pour la construction d’un ensemble régional maghrébin qui sera appelé à devenir un espace fortement attractif pour les investissements », a dit M. El Malki qui préside la délégation de l’USFP aux travaux du Conseil de l’Internationale Socialiste axés sur les questions liées à la croissance, l’emploi et le développement durable.

Il a à ce propos indiqué que le choix du Portugal pour abriter cette rencontre est significatif pour exprimer le soutien de l’IS au peuple portugais qui traverse une crise extrêmement profonde, ajoutant que la politique d’austérité menée actuellement représente un coût social très élevé en rupture avec l’histoire économique et sociale du pays.

La problématique du modèle de croissance adopté s’impose à tous les pays en crise, ce qui soulève, a-t-il dit, le débat de savoir s’il faut recourir à des pratiques basées sur l’austérité, ou alors adopter une politique plus volontariste tournée vers la relance de la croissance à travers des choix économiques et budgétaires totalement différents.

Il a de même souligné que la crise a déterminé des choix marqués par un repli sur soi, un isolationnisme non déclaré basé sur une orthodoxie dans la gestion de la crise qui aura certainement des conséquences très graves sur l’avenir de l’Union Européenne.

M. El Malki a par ailleurs indiqué avoir eu des entretiens avec les membres du bureau de l’IS ainsi que les représentants de plusieurs délégations, notamment le Parti socialiste portugais et le Parti Socialiste ouvrier espagnol (PSOE), qui ont porté notamment sur la question de l’intégrité territoriale, les relations bilatérales, les enjeux de la crise malienne et la situation dans la région sahélo-saharienne.

Ces entretiens ont permis de souligner combien le « polisario », à travers les événements que connaît cette région actuellement, est impliqué à travers certains de ses responsables et ses réseaux dans le financement du terrorisme.

Une véritable mafia dans cette région a déstabilisé le Mali et les pays voisins ont compris non seulement le double jeu du « polisario » mais combien il est instrumentalisé dans les développements que connaît la région, a dit M. El Malki, ajoutant que l’IS soutient l’intervention militaire française dans un cadre africain sur la base des résolutions du Conseil de sécurité.

Outre M. Habib El Malki, la délégation de l’USFP comprend MM. Mohamed Benabdelkader et Moussaoui El Ajlaoui, membres de la Commission des relations extérieures, Ahmed Mehdi Mezouari, parlementaire et membre de la Commission administrative et Soufiane Khayrat, membre du bureau politique.

Prennent également part aux travaux du Conseil, Ouafae Hajji, présidente de l’Internationale socialiste des Femmes (ISF), Rakiya Eddarhem, parlementaire et membre du bureau politique de l’USFP et Rhizlane Benachir, membre de la Commission administrative.

Lors de cette rencontre, Mme Hajji a présenté les conclusions des travaux du Conseil de l’Internationale Socialiste des Femmes tenu les 1er et 2 février à Lisbonne, sous le thème « La crise internationale et son impact sur les femmes ».

Elle a à ce propos indiqué que le Conseil de l’ISF a conclu que la crise financière internationale provoquée par la mondialisation néolibérale qui détermine la politique publique, est financée par les plus pauvres, et en particulier par les femmes.

La réaction de nombreux gouvernements face à la crise a été de renforcer le programme néolibéral en présentant les mesures d’austérité comme la seule solution pour la reprise, a ajouté Mme Hajji, faisant observer que les femmes sont touchées de manière disproportionnée par la crise et souffrent de l’augmentation du chômage, de la pauvreté et de la faim, voire des déportations et de la violence conjugale, tandis que l’égalité entre les sexes est reléguée au second plan.

Elle a à cet égard indiqué que l’ISF lance un appel aux gouvernements et aux partis membres de l’Internationale Socialiste ainsi qu’aux ONG ayant des valeurs similaires à celles de l’ISF pour exiger notamment une gestion économique saine qui bénéficie à tous les peuples et qui aille plus loin que les seuls mécanismes financiers, prévenir l’utilisation de la violence sexuelle et du viol en tant qu’arme de guerre, lutter contre la destruction des droits de la personne humaine et des réussites progressistes, reconnaître l’égalité entre les sexes comme moteur du développement socioéconomique, ne pas réduire l’aide aux pays pauvres et en développement et garantir l’accès des femmes au travail payé et aux salaires pour qu’elles soient indépendantes économiquement.

La présidente de l’ISF a, par ailleurs, souligné que face à la montée en puissance de la violence à l’égard des femmes, le Conseil a adopté une résolution spécifique sur cette question qui condamne le viol collectif de la jeune femme en Inde ainsi que toutes les formes de violence envers les femmes et atteintes à leur intégrité physique aux quatre coins du monde.

Elle a dans ce sens annoncé que l’Internationale socialiste des femmes a décidé de lancer, en automne de cette année, une campagne internationale contre toutes les formes de violence faites aux femmes, appelant l’Internationale socialiste et tous ses partis membres, à y participer de manière active.

Ont notamment pris part à l’ouverture des travaux du Conseil de l’IS, le président de l’IS George Papandreou , le secrétaire-général de l’IS, le Chilien Luis Ayala, le président de l’Assemblée Nationale Constituante de Tunisie, Mustapha Ben Jaffar et Ségolène Royale, vice-présidente de l’IS.

Au premier jour de cette rencontre, les différents intervenants ont condamné le recours à la seule austérité pour sortir de la crise alors que l’hôte de la réunion, le Parti socialiste portugais a vivement critiqué les sévères mesures d’austérité mises en Âœuvre par le gouvernement de centre-droit en échange du plan de sauvetage.

Outre la crise en zone euro, les participants devront également aborder le processus de démocratisation dans les pays arabes et la situation en Syrie et au Mali.

 

 

actu-maroc.com _____________________

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