Le marché central de Rabat survie malgré la baisse d’affluence

Le marché central de Rabat survie malgré la baisse d’affluence

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Situé au cœur de la capitale marocaine, le marché central de Rabat, construit au début du XXème siècle, continue de perdurer au fil du temps, grâce à des marchands et une clientèle qui restent fidèles comme au bon vieux temps.

« C’est notre vie », a avoué Lhaja Fatima, qui possède un commerce dans le marché central depuis plus de 40 ans, notant qu’elle préférerait mourir dedans plutôt que le quitter.

« J’ai grandi dans le marché central et pour rien au monde je ne le quitterai. Je continuerai d’y travailler jusqu’au dernier jour de ma vie », a également relevé Mme Fatima, interrogée par la MAP.

La marchande a, en outre, fait savoir que le marché central a pu, malgré la concurrence acharnée des supermarchés, préserver l’affluence de ses clients fidèles et des personnes en quête de bonne qualité et à prix raisonnables.

« Certes, il y a plus de supermarchés, mais il y a plus de gens également, l’un n’empêche pas l’autre », a expliqué Mme Fatima, plus connue sous le nom de Lhaja Slaouia dans son entourage, ajoutant que le marché, qui offre une meilleure alternative aux souks traditionnels, subsistera toujours.

Moins optimiste, Lhaja Sadia, dont la présence au marché remonte au début des années 70, a fait savoir que son commerce, composé principalement de pâtes, pains et pâtisseries, a connu une baisse notable.

« Le marché a changé, il est plus organisé et plus propre. Mais malheureusement, la vente n’est plus ce qu’elle était. Avant, il y avait plus de monde, certains venaient de Kenitra ou Casablanca pour acheter mes produits », déplore Lhaja Sadia.

La vendeuse, qui fait vivre de son commerce trois familles, a également noté que les Rbatis ne fréquentent plus comme avant le marché central et préfèrent s’approvisionner dans les grandes surfaces et les supérettes de quartier.

« Dans les années 80, je vendais jusqu’à 100 kilos de feuilles de pastilla par jour, maintenant je m’estime chanceuse si j’arrive à liquider 5 kg », a relevé la commerçante, notant que durant toute l’année, elle capitalise sur les ventes du mois de Ramadan pour redresser la situation de son commerce.

Pour ce qui est du poisson, il reste le produit dont les ventes sont les moins touchées au niveau du marché, affirme Mohammed un vendeur de poissons depuis plus de 10 ans.

« Le marché central continue de consacrer une place de choix aux poissons, dont les ventes ne baissent jamais », a relevé le marchand, qui avance que la clientèle est toujours satisfaite de l’offre du marché, « une offre variée, de bonne qualité et surtout à des prix raisonnables ».

Le vendeur a également précisé que les marchands de poissons sont les premiers à arriver sur le marché le matin vers 7h et les premiers à le quitter au début de l’après-midi après une liquidation quasi-totale de leurs marchandises.

« Le samedi s’apparente à une fête pour les marchands de poissons qui ne ménagent pas leurs efforts pour courtiser une clientèle qui arrivent tôt sur le marché en quête de poissons frais pour des plats faits maison », a relevé le vendeur, notant que les premiers arrivés sont les mieux servis.

Mohammed a également souligné que certains clients fidèles, préfèrent appeler le matin, de chez eux, et faire leurs commandes en poissons, évitant un épuisement du stock à leur arrivée tardive au marché.

Le vendeur a, entre autres, précisé que toute personne désirant travailler au marché de poissons, pourrait louer un étal, contre 750 dirhams la quinzaine, soit 1.500 dirhams versés mensuellement au profit du propriétaire de l’étal.

« Au niveau du marché, les étals de poissons appartiennent à l’Etat, certains louent leurs étals, d’autres l’ont hérité des parents », a-t-il expliqué.

S’adressant, par ailleurs, à une cliente, Mme Fatiha, une grand-mère, dépassant la soixantaine a précisé qu’elle ne pourrait jamais se passer du marché central, qui constitue une partie importante de sa vie quotidienne.

« Je viens presque quotidiennement faire mes courses au niveau de ce marché, que je connais par cœur. Parfois, j’y viens uniquement pour passer le salut à des marchands qui sont devenus une famille pour nous », a relevé Lhaja en souriant.

Même son de cloche chez Salma, qui malgré son jeune âge, se dit incapable de substituer le marché central par les grandes surfaces ou bien les souks traditionnels de la ville.

« En sortant du travail, je viens toujours faire mes courses au marché central avant de regagner ma maison à Temara », a relevé la cliente se félicitant de l’organisation du marché et de son emplacement stratégique au centre de la ville.

Salma a également précisé que le marché central qui englobe et concentre toutes les marchandises dont elle pourrait avoir besoin, lui fait gagner beaucoup de temps.

« Je ne suis pas obligée de faire les 1.000 tours pour trouver ce dont j’ai besoin, la structure du marché est très claire et concentre l’ensemble des produits et aliments nécessaires », a expliqué la cliente, qui fréquente le marché depuis plus de 4 ans.

La jeune cliente a, en outre, déploré l’absence d’un marché pareil au niveau de son quartier, à Témara, où les prix restent élevés en comparaison à ceux du marché central.

Salma a également relevé que les Rbatis devraient être fiers de ce « joyau » qui leur offre des produits de très bonne qualité à des prix très raisonnables et leurs permet de faire la connaissance de commerçant réputés, qui depuis leurs jeunes âges, ont commencé à bâtir leurs « petit paradis » au marché central.

Le marché central de Rabat reste un lieu incontournable et indispensable et rappelle sensiblement le passé. Avis aux intéressés d’assurer son « lifting » pour le faire perdurer.

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