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Le Maroc a franchi des pas importants en matière de lutte contre la discrimination et la violence à l’égard des femmes (Expert onusienne)

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Grâce au dialogue, le Maroc a réussi  à réformer un grand nombre de Lois  conférant ainsi plus de droits et d’égalité aux femmes, a relevé l’experte  onusienne qui participe, mardi et mercredi à Madrid, à des journées de  réflexion sur « l’action internationale contre la violence à l’égard des femmes ».

Mme Belmir, qui a été invitée par les organisateurs de ces journées pour  livrer son point de vue  ainsi que l’expérience du Maroc en matière de lutte  contre les différentes  formes de violence à l’égard des femmes, a salué  l’effort fourni par l’Etat Marocain en la matière.  

Elle a, dans ce contexte, cité la réforme du statut du code personnel,  communément appelé « La Moudouwana », une réforme qui confère plus de droits et  d’égalités aux femmes et qui reflète la voie que le Maroc a choisi d’emprunter  celle du progrès et de la modernité.

Cette réforme, qui est d’ailleurs citée comme exemple dans le monde arabe et  musulman ainsi qu’en Occident, est une grande réussite pour le Maroc, un pays  qui reconnaît l’élément genre comme composante essentielle dans la défense des  droits de l’Homme. 

D’ailleurs la composante du genre est présente avec force dans les  recommandations de l’Instance Equité et Réconciliation, une instance créée par  le Maroc, premier pays arabe et musulman à avoir eu le courage de solder son  passif des violations des droits humains, a-t-elle fait remarquer. 

Au Maroc, l’élément genre est reconnu comme composante essentielle dans la  défense des droits humains, a-t-elle affirmé, citant dans ce contexte la  création au sein du Conseil Consultatif des Droits Humains (CCDH) d’une cellule  dédiée exclusivement aux actions en faveur des femmes. 

Certes le chemin parcouru par le Royaume en matière de lutte contre la  discrimination et la violence du genre est appréciable, mais les femmes ainsi  que les associations de la société civile demandent « un peu plus de  pénalisation de la violence à l’égard des femmes », a fait remarqué l’experte  onusienne qui a salué le travail important accompli par la société civile  marocaine. 

Elle a également attiré l’attention sur l’importance de l’éducation comme  moyen pouvant contribuer à juguler le phénomène de la violence du genre.

S’agissant de l’arsenal juridique relatif à la lutte contre la violence du  genre, elle a affirmé que tout arsenal juridique ne peut réussir que s’il est  accompagné d’un travail de sensibilisation et de rectification de certaines  représentations idéologiques, culturelles et anthropologiques. 

Elle a, dans ce contexte, préconisé le dialogue comme voie à même d’aider à  rectifier ces représentations qui se dressent comme un bouclier empêchant toute  lutte contre les différentes formes de violence à l’égard des femmes, un  phénomène universel qui n’exclut aucune société.

D’ailleurs, c’est grâce au dialogue que le Maroc a pu parvenir à des  résultats tangibles en matière de lutte contre la violence et la discrimination  du genre dans un contexte où le poids des représentations culturelles et   idéologiques est très pesant, a fait remarqué Mme Belmir.   

Selon cette experte, la Loi se heurte malheureusement aux représentations  culturelles et idéologiques, pour cela un travail de sensibilisation et  d’explication doit accompagner toute réforme sociale.

Elle a, également, épinglé le décalage entre les textes législatifs et la  réalité sur le terrain et dans la société.

Organisées par l’Université Carlos III de Madrid et Casa América, en  collaboration notamment avec le ministère espagnol des Affaires étrangères et  le Secrétariat d’Etat espagnol à l’Egalité, ces journées de réflexion sont  consacrées à dresser le bilan et à dégager une vision complète sur les  contraintes qui se posent à la consécration de la lutte contre la violence du  genre à l’échelle internationale. 

La rencontre, qui est rehaussée par la participation d’experts internationaux  comme Rashida Manjoo, la rapporteuse  spéciale de l’ONU sur la violence contre  les femmes et Soledad Murillo, membre  du comité des Nations Unies contre la  discrimination des femmes, offre  également l’occasion de réfléchir sur la  violence à l’égard des femmes en accordant un intérêt spécial aux incidences  des représentations culturelles et religieuses sur ce phénomène universel.  

Les participants à cette rencontre internationale, marquée également par la  présence de journalistes internationaux spécialisés, de représentants de  gouvernements et d’ONG actives en la matière, vont également passer en revue  les actions internationales contre la violence du genre et réfléchir sur le  degré d’efficacité de l’application de la Loi et les contraintes notamment  sociales, anthropologiques et culturelles auxquelles elle se heurte. 

Selon les organisateurs, « la violence extrême contre les femmes est un  phénomène qui se propage de plus en plus actuellement en adoptant de nouvelles  formes favorisées par l’inaction irresponsable des Etats contre des actes et  des structures sociales qui discriminent et dégradent la femme ». 

Ces nouvelles formes de la violence extrême contre les femmes sont  encouragées par le sentiment d’impunité dont semble se prévaloir les agresseurs  en raison des représentations qu’ils se font de la culture ou de la religion,  souligne-t-on de même source.

Mais la fin ou du moins la limitation de la violence extrême à l’égard des  femmes ne pourra se réaliser que dans un contexte général qui place la  protection de la femme contre toutes les formes de discrimination au cœur des  préoccupations et qui en fait un principe constitutionnel du Droit  Internationale tout comme un objectif fondamental de la société civile  internationale.

Cette voie devra être suivie  par tous les Etats ainsi que par les  organisations internationales notamment  l’Organisation des Nations Unies dont  l’action a été et est toujours  déterminante, affirment les organisateurs.

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