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A voir de plus près, la situation qui prévaut au sein du Conseil de Coopération du Golfe après l’isolement du Qatar et à la lumière des développements de ces dernières heures, l’on ne peut que se féliciter de la sage décision du Maroc de ne pas se précipiter avant de prendre toute initiative dans le sens d’une médiation. L’on rappellera que le ministère des affaires étrangères et de la coopération internationale dans lequel il précisait  avait publié un communiqué que le roi Mohammed VI avait opté pour une position de neutralité positive en gardant l’espoir d’un apaisement. Or, à voir la tournure que viennent de prendre les événements, rien n’indique qu’un déblocage peut intervenir de sitôt; la position de l’Arabie Saoudite et ses alliés allant dans le sens d’un durcissement.

En effet, ces derniers viennent de poser pas moins de treize conditions pour que le Qatar puisse réintégrer leur bloc et sortir de son isolement, conditions qui font suite à la médiation du Koweït et pour lesquelles l’Arabie saoudite a fixé un délai de 10 jours afin de recevoir une réponse définitive de Doha avant un retour à une normalisation. Or, il semble claire que le Qatar n’acceptera jamais ces conditions qui lui imposent entre autres de rompre tout lien avec l’Iran, de cesser les activités de sa chaîne d’informations Al Jazeera, de renvoyer chez eux, tous les prédicateurs et de mettre fin à toute coopération militaire avec la Turquie, en fermant sa base sur le sol qatari. Des conditions impossibles à remplir qui vouent la médiation koweïtienne à l’échec. Dès lors, l’on peut mieux comprendre la prudence du roi Mohammed VI et ses consignes à la diplomatie marocaine dans un dossier qui s’avère plus compliqué qu’on ne le pense.

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