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Selon le ministre marocain de l’Economie et des Finances, Mohamed Boussaid, le Maroc mise sur la diversification de son économie et de ses partenaires.

Dans un entretien publié par l’hebdomadaire « Jeune Afrique », à paraître dimanche, le ministre a indiqué que le Maroc a diversifié son économie en redynamisant les plans sectoriels, notamment celui de l’industrie qui « commence à donner ses fruits », soulignant que le royaume, tourné traditionnellement vers le Nord, et particulièrement l’Europe, s’intéresse désormais à de nouvelles zones économiques, comme l’Afrique subsaharienne et le Moyen-Orient. »Depuis 2008, le Maroc est parvenu à maintenir une croissance moyenne de 4,2 % par an et son PIB passera cette année la barre symbolique de 1.000 milliards de dirhams, ce qui est honorable », ajoutant que le royaume a su résister à la crise en soutenant la consommation par la dépense publique afin de palier la baisse de la demande externe.

« On a donc acheté un peu de croissance avec un peu de déficit », a-t-il dit, notant que « ce modèle nous a permis de résister à la crise et à ses conséquences, mais il a atteint ses limites. Ce qui nous a poussés, à partir de 2013, à changer le cap ».

Evoquant les principaux dossiers à régler, le ministre a estimé que « l’un des chantiers les plus importants est celui des retraites, qui fait peser un gros risque social pour les dix prochaines années », ajoutant que celui de la décompensation n’est pas achevé non plus.

Il a, à cet égard, fait savoir que « certains produits sont encore subventionnés par l’Etat de manière aveugle, ce qui n’est pas normale. » « Tout le monde est convaincu que le système actuel de la compensation est une aberration en termes d’équité, car il profite davantage aux riches qu’aux personnes nécessiteuses », a-t-il fait observer, précisant qu' »il est inefficace et, en outre, crée des distorsions sur le plan économique ». « Il faut donc y mettre un terme, pour que le marché fonctionne de manière libre, sans la moindre contrainte », a affirmé M. Boussaid.

Le ministre a, d’autre part, évoqué certains outils à mettre en place pour régler la question de la compensation sans toucher au pouvoir d’achat des ménages les plus modestes, citant, entre autres, les investissements dans des services publics de proximité et la fiscalité qui « peut être utilisée comme un instrument de protection ».

M. Boussaid a en outre indiqué que le Maroc a créé des systèmes de protection sociale pour que tout le monde profite de la croissance à travers l’investissement dans les domaines da la santé, de l’éducation et de la prévoyance sociale, rappelant que l’INDH est venue répondre à la problématique du partage des richesses.

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