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Le Maroc s’engage pour le climat mondial : il nous faut 45 milliards de dollars pour réduire de 32% nos émissions de GES

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Lors de la 19ème session de la conférence  des parties sur le changement climatique (COP19) à Varsovie en 2013,  il avait été décidé que les pays s’engagent à préparer leurs contributions prévues déterminées au niveau national (Intended Nationnalley Determined Contributions : INDC), pour les soumettre  avant la COP21  à Paris en décembre 2015.
Pour la réalisation de la contribution du Maroc, un large processus  de concertation avec les parties concernées avait été engagé. Ce processus avait permis de passer en revu les politiques et programmes mis en place par le Maroc pour lutter contre le réchauffement de la planète et de définir  le niveau d’ambition que le Maroc souhaite adopter dans le cadre de son INDC aussi bien dans le domaine d’atténuation que celui de l’adaptation.

 « Rendre son territoire et sa civilisation plus  résilients  face au changement climatique tout en assurant  une transition rapide vers une économie sobre en carbone »

La contribution du Maroc en matière d’atténuation  comporte un objectif inconditionnel  de réduction de 13% des émissions en 2030 par rapport  aux émissions  projetées à la même année selon le scénario « cours normal  des affaires » : CNA.
Puis, un objectif  conditionnel d’une réduction additionnelle de 19% dans le cas d’un appui international, ce qui porterait la réduction totale de 32% des émissions en 2030 par rapport aux émissions projetées à la même année, selon  le scénario CNA.
La trajectoire escomptée  table sur des émissions estimées à 103 MT.Eq C02 en 2020 et 103,8 Mt éq CO2 en 2025, soit des réductions respectives de 16% et 27% par rapport aux émissions anticipées selon le scénario CNA en 2020 et 2025.
L’effort que le Maroc devra consentir pour atteindre cette ambition nécessite un investissement global de 45 milliards d’ici à 2030, dont la réalisation est nécessairement  conditionnée par un appui de la communauté internationale.
Les gaz à effet de serre concernés sont le CO2, CH4 et N20. Les gaz fluorés étant très peu utilisés, leurs émissions ne sont pas prises en compte.
L’ambition du Maroc  de réduire considérablement  ses émissions de GES  va reposer  essentiellement  sur une importante  transformation du secteur  de l’énergie à travers l’installation de 50% de la puissance électrique à partir de sources renouvelables d’ici 2025, la réduction  de 15% de la consommation d’énergie d’ici 2030, la réduction des subventions aux énergies  fossiles, et l’augmentation  de façon  substantielle  de l’utilisation du gaz naturel, et, partant, la multiplication des projets d’importation du gaz naturel liquéfié.
Bien que le Maroc concentre ses efforts sur le secteur  de l’énergie, afin de réduire ses émissions  de GES, d’autres stratégies sectorielles sont proposées avec notamment des plans d’actions dans l’agriculture, l’eau, l’industrie, la gestion  des déchets, le secteur forestier et l’habitat.
Quant à la contribution du Maroc en matière d’adaptation, les objectifs  prévus pour renforcer la résilience concernent, à l’horizon  2020, la substitution  des prélèvements (85 milliards de m3/an) à partir  des nappes  surexploitées par  des prélèvements à partir des eaux  de surface, l’augmentation de la superficie actuelle  sous irrigation localisée de 154.000 ha actuellement à 555.000 ha et la reconstitution des forêts sur plus de 200.000 ha.
A l’horizon 2030, le dessalement de 285 millions  de m3/an pour l’alimentation en eau potable de plusieurs villes et centres, la réutilisation de 325 millions de m3/an d’eaux usées épurées,  la construction de 38 nouveaux barrages, le raccordement au réseau d’assainissement en milieu urbain de 100%, une économie de 2,4 milliards  de m3/an d’eau en irrigation, un volume des eaux épurées de 100%.
La contribution du Maroc dans le cadre de l’INDC trouve son ancrage institutionnel dans la stratégie Nationale de Développement Durable.
Pour relever ce défi et gagner le pari, l’engagement conséquent de toutes les  parties prenantes de la société marocaine est déterminant pour s’assurer  de leur adhésion et entière implication dans la mise en œuvre des engagements  formulés et les multiples ambitions exprimées.
Le Maroc a consacré 64% des dépenses  climatiques du pays à l’adaptation, soit 9% des dépenses  d’investissements nationales sur la période 2005-2010.
La part considérable du budget d’investissement dédié à l’adaptation démontre l’ampleur  des enjeux pour la société marocaine. Cet effort est appelé à s’accroître  pour atteindre  15% en 2030.

Hafid FASSI FIHRI

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