Le monde arabe en ébullition pour la démocratie, les manifestants durement réprimés

Le monde arabe en ébullition pour la démocratie, les manifestants durement réprimés

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Ces révoltes s’inspirent de celles qui ont entraîné la chute de Zine El Abidine Ben Ali en Tunisie et de Hosni Moubarak en Egypte, faisant naître dans le reste du monde arabe l’espoir que la pression populaire apporte la démocratisation.
Le président américain Barack Obama a « condamné le recours à la violence » contre « les manifestants pacifiques » en Libye, ainsi qu’à Bahreïn et au Yémen, deux régimes alliés des Etats-Unis et s’est dit « profondément inquiet ».
La Haut commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Navi Pillay, a condamné les réactions « illégales et excessivement répressives » contre des « demandes légitimes ».
La Grande-Bretagne a annoncé l’annulation de 44 contrats d’exportation de matériels de sécurité vers Bahreïn et huit contrats vers la Libye, pour éviter qu’ils soient utilisés contre des manifestants.
En Libye, les forces de sécurité gouvernementales ont tué au moins 84 personnes en Libye durant les trois jours de manifestations, a affirmé samedi l’organisation Human Rights Watch, en s’appuyant sur des témoignages de personnel hospitalier et de témoins. Un décompte de l’AFP fait à partir de différentes sources locales évaluait vendredi soir le nombre de morts à 41 depuis le début des protestations en Libye mardi.
Selon le journal Oéa, proche du réformateur Seif Al-Islam, fils du numéro un libyen, les affrontements ont fait au moins 20 morts à Benghazi, deuxième ville du pays, et sept à Derna (est). Des manifestants ont pendu deux policiers dans la ville d’Al-Baïda (est), selon cette source. Les comités révolutionnaires, pilier du régime, ont menacé les « groupuscules » qui manifestent d’une riposte « foudroyante ».
A Bahreïn, royaume du Golfe, la monarchie sunnite a déployé l’armée dans la capitale Manama, où des manifestants demandent une libéralisation du système politique, dont la majorité chiite se dit exclue. L’armée a ouvert le feu dans la soirée sur des centaines de manifestants, et des dizaines de personnes ont été blessées, selon un photographe de l’AFP. En même temps le prince héritier, Salman ben Hamad Al-Khalifa, promettait à la télévision un dialogue avec l’opposition une fois le calme revenu.
« Au total, 55 blessés, dont quatre grièvement touchés, ont été admis à l’hôpital Salmaniya », a déclaré à l’AFP un élu de l’opposition chiite, Abdel Jalil Khalil Ibrahim. Dans un entretien téléphonique avec le roi de Bahreïn, cheikh Hamad ben Issa Al Khalifa, M. Obama « a réitéré qu’il condamnait la violence employée contre des manifestants pacifiques », a indiqué la Maison Blanche. « Le président a dit que les Etats-Unis croyaient que la stabilité de Bahreïn dépend du respect des droits universels du peuple de Bahreïn et d’un processus de réformes significatives », a ajouté la présidence américaine.
Bahreïn abrite le quartier général de sa Ve flotte, chargée de surveiller les routes maritimes pétrolières dans le Golfe, soutenir les opérations en Afghanistan et contrer une éventuelle menace iranienne et revêt une importance stratégique pour Washington.
Au Yémen, quatre personnes ont été tuées par balles à Aden, principale ville du sud, lorsque la police a dispersé des manifestants réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, ont indiqué des sources médicales. A Sanaa, des centaines de partisans du régime ont attaqué un rassemblement de milliers de jeunes opposants ainsi que des journalistes avec des matraques, des haches et des bâtons, faisant au moins quatre blessés, selon un correspondant de l’AFP sur place et des témoins.
A Taez, à 270 km au sud-ouest de Sanaa, une attaque à la grenade contre des manifestants dans le centre-ville a tué deux d’entre eux et fait 27 blessés, selon des sources médicales. Ces décès portent à 11 le nombre de morts en une semaine au Yémen, selon un bilan fait par l’AFP à partir de sources hospitalières. Plus de 40 manifestants ont été blessés vendredi dans tout le pays, selon des sources médicales et des témoins. Etat pauvre de plus de 23 millions d’habitants, le Yémen est considéré par les Etats-Unis comme un participant stratégique dans la lutte contre les groupes terroristes inspirés par Al-Qaïda.
En Jordanie, huit personnes ont été blessées lorsque des partisans du gouvernement ont attaqué à Amman une manifestation de plusieurs centaines de jeunes appelant à des réformes politiques, selon des témoins.
En Syrie, le site d’opposition all4Syria.info, qui émet de Dubaï, a indiqué que plus d’une centaine de personnes avaient manifesté jeudi à Damas contre la brutalité policière.
Au Caire, des centaines de milliers d’habitants ont fêté vendredi la chute, le 11 février, du régime d’Hosni Moubarak. L’armée, désormais au pouvoir, a averti dans un communiqué qu’elle « ne permettra pas la poursuite de ces actes illégaux, qui constituent un danger pour la nation ».
A l’occasion de la grande prière du vendredi sur la place Tahrir, symbole de la révolution, le théologien qatari d’origine égyptienne cheikh Youssef Al-Qardaoui, très écouté dans le monde arabe, a appelé les leaders à ne pas chercher à « arrêter l’Histoire » mais à écouter leurs peuples.
A Djibouti, qui abrite une importante base militaire américaine, de violents affrontements avec la police ont eu lieu vendredi soir à l’issue d’une manifestation de plusieurs milliers de personnes contre le régime du président Ismaël Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999.
En Algérie, l’opposition restait déterminée à redescendre dans la rue samedi à Alger, malgré les promesses du pouvoir d’une levée de l’état d’urgence et de mesures pour répondre aux attentes des Algériens.

 

AFP_______________________

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