Le monde sans Ben Laden présente toujours autant de défis pour l’Amérique

Le monde sans Ben Laden présente toujours autant de défis pour l’Amérique

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Vivant, le chef d’Al-Qaïda était l’un des plus puissants symboles de l’opposition radicale aux Etats-Unis. Pour Daniel Byman, de la Brookings Institution, « sa mort met un terme à la provocation et envoie le message que les Etats-Unis traqueront implacablement leurs ennemis ».

 

M. Obama a montré « qu’il peut être efficace, qu’il peut être dur, et qu’il peut être persévérant », juge aussi l’ancien ambassadeur américain James Collins, aujourd’hui membre du Carnegie Endowment for International Peace.
« Ceci dit, il continue à faire face à des défis extraordinaires en matière de politique étrangère », et la fin de Ben Laden n’y « changera pas grand-chose ».

Plusieurs dossiers vitaux pour la sécurité de l’Amérique sont sans rapport avec le sort de Ben Laden: les ambitions nucléaires de l’Iran et de la Corée du Nord, ou la compétition stratégique et économique avec la Chine.

Quant aux extrémistes islamistes se réclamant de la « marque » Al-Qaïda dans le monde, ils font preuve d’une très large autonomie.

Le Pakistan et l’Afghanistan, eux, sont liés directement au réseau d’origine, dont Ben Laden était la figure de proue.

Mais l’audacieuse opération commando d’Abbottabad a mis en lumière la position ambiguë du Pakistan, l’allié crucial que les Etats-Unis soutiennent à coups de milliards de dollars.

Richard Haass, du Council on Foreign Relations, rappelle que l’homme le plus recherché au monde occupait une villa cossue au coeur d’une ville de garnison pakistanaise, et promet « une heure de vérité » entre Washington et Islamabad. Selon lui, les deux hypothèses –complicité pakistanaise, ou ignorance– sont « aussi peu rassurantes l’une que l’autre ».

En Afghanistan, Gilles Dorronsoro (Carnegie) note que les talibans ont pris l’avantage sur le terrain militaire. Pourtant, avance-t-il dans le New York Times, la mort de Ben Laden pourrait simplifier le retrait américain. D’après ce chercheur français, les talibans orphelins du chef islamiste pourraient rompre plus facilement avec Al-Qaïda, et envisager une réconciliation politique.

Michael O’Hanlon, de la Brookings, est en complet désaccord avec ce tableau. Les islamistes, dit-il à l’AFP, « restent suffisamment forts pour que nous ne puissions pas prendre le risque qu’ils aient un grand sanctuaire. Et négocier avec les talibans serait bien, mais il faut être deux pour danser la valse ».

La fin de la traque de Ben Laden a également coïncidé avec la vague pacifique des révoltes arabes. Le message de celles-ci est à l’opposé du jihad sanglant promis par Al-Qaïda.

Hillary Clinton, la chef de la diplomatie du président Barack Obama, a fait le lien dès lundi, observant que ces mouvements « pour la liberté et la démocratie » illustraient « un rejet d’Al-Qaïda et de son idéologie de haine ».

Tandis que le monde arabe tente de tourner la page des autocrates, plusieurs observateurs notent que la mort de Ben Laden permet à l’Amérique, elle aussi, de tourner une page dans ses relations avec le monde musulman, dix ans après les attentats du 11-Septembre dont le chef islamiste était l’instigateur.

Le printemps arabe présente cependant ses propres défis aux Etats-Unis, interpellés sur leurs relations passées avec les dictateurs, critiqués pour leur solidarité avec Israël, et pressés de reconnaître un Etat palestinien quoi qu’il arrive.

 

Reuters_________________

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