Le nouveau Premier ministre grec, c’est Papademos

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La zone euro peut pousser un « ouf » de soulagement. La Grèce a enfin un nouveau Premier ministre. Il s’agit de l’ancien vice-président de la Banque Centrale Européenne, Lucas Papademos. Sa nomination a été annoncée jeudi en début d’après-midi par l’Agence de presse grecque ANA, après quatre heures de réunion des chefs de partis de droite, socialiste et d’extrême droite, sous l’égide du président de la République, pour désigner un gouvernement de consensus. Un bref communiqué de la présidence de la République diffusé peu après a souligné que « la mission du gouvernement » que Papademos dirigera sera  « la mise en oeuvre des décisions du sommet de la zone euro du 26 octobre et de la politique économique liée à ces décisions ». Aucune précision n’a en revanche été donnée sur la date des élections anticipées demandées par la droite pour participer à ce gouvernement de coalition. Pour l’heure, on sait que le nouveau gouvernement grec doit prêter serment vendredi à 13 heures, a annoncé la présidence de la République.

 

En arrivant à la réunion, à neuf heures du matin, après l’échec d’une précédente rencontre mercredi soir, et alors que les dirigeants des partis de gauche radicale et communiste avaient refusé de prendre part aux tractations, le leader de droite Antonis Samaras avait souhaité qu’elle soit « la dernière ». Il faut dire que les tractations avortées de la veille avaient marqué le point d’orgue du psychodrame médiatico-politique qui agitait la Grèce depuis l’annonce par Georges Papandréou d’un référendum sur le plan de sauvetage mis au point par l’Europe. Le dirigeant d’extrême droite avait quitté la résidence présidentielle très rapidement, en dénonçant le choix initial des chefs des deux principaux partis qui s’était alors porté sur le président du Parlement grec, Philippos Petsalnikos. Dans la soirée, on devait apprendre par ailleurs que plusieurs députés socialistes ou conservateurs s’étaient aussi vivement élevés contre ce choix, un compagnon de route historique de Georges Papandréou, lequel quitte ses fonctions avec une très mauvaise image dans l’opinion grecque.

Pressions croissantes

Depuis dimanche, après le ralliement de la droite à l’idée d’un gouvernement de coalition pour tenter d’éviter une faillite au pays, les partis ont eu beaucoup de mal à se mettre d’accord sur le choix du candidat idéal pour le diriger. Les tractations se sont passées dans une atmosphère électrique, retransmises en direct par les chaines de télévision et suivies avec inquiétude par les créanciers du pays. L’UE et le FMI pressaient pour « une solution claire », afin que le pays mette en place rapidement l’accord européen sur la deuxième aide au pays, menacé de sortir de l’euro.

Jeudi matin, alors que les chefs de trois des principaux partis, Georges Papandréou du Pasok (socialiste), Antonis Samaras de la Nouvelle-Démocratie (droite) et Georges Karatzaféris (extrême droite) se rencontraient à la présidence de la République pour tenter une ultime fois d’aplanir leurs divergences, Christine Lagarde lançait une nouvelle mise en garde depuis Pékin. La directrice générale du FMI réclamait une nouvelle fois une « clarification politique » en Grèce ainsi qu’en Italie, alors que les bourses dans le monde restent fébriles depuis l’annonce du départ des chefs de gouvernement des deux pays européens au coeur de la crise de la dette publique. Pendant ce temps à Bruxelles, la Commission officialisait les sombres pronostics pour l’économie du pays, qui restera en récession en 2012, avec un recul du PIB de 2,8% prévu sur l’année, ce qui mécaniquement aggrave aussi les prévisions du ratio de déficit public par rapport au PIB.

Finalement, Grèce et Italie semblent devoir opter pour des solutions similaires : la figure d’un économiste respecté pour prendre la barre d’un gouvernement en pleine tourmente et soumis aux sautes d’humeur des marchés. Dans le cas d’Athènes, Lucas Papademos, par son passage à la tête de la BCE, mais aussi de la Banque centrale de Grèce, semble avoir le bon profil pour rassurer les investisseurs. Il avait d’ailleurs un temps été donné favori, avant d’être éclipsé au cours de revirements politico-médiatiques hués par la presse grecque, et de finalement revenir sur le devant de la scène. Dans le cas de Rome, si le choix n’est pas encore arrêté, c’est néanmoins l’ex-commissaire européen Mario Monti, lui aussi économiste respecté, qui semble tenir la corde.

 

AFP________________

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