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Le Pakistan s’apprête à vivre des jours difficiles après la mort de ben Laden

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A l’image de la « zone rouge » de la capitale Islamabad qui abrite les bâtiments gouvernementaux et une « enclave diplomatique », la sécurité des zones sensibles dans les villes a été considérablement renforcée dès lundi.

Car les talibans pakistanais, qui ont fait allégeance à Al-Qaïda en 2007, ont juré d’intensifier leur campagne d’attentats qui vise, depuis plus de trois ans, les édifices publics et les forces de sécurité pakistanaises, mais aussi les Occidentaux et des civils jusque dans les mosquées.
« Nous vengerons Oussama ben Laden en lançant des attaques contre les Américains, le gouvernement pakistanais et ses forces de sécurité », ont promis les talibans dès lundi.

A l’été 2007, ils avaient décrété le « jihad » contre Islamabad pour son soutien à la « guerre contre le terrorisme » de Washington. Depuis, plus de 4.200 Pakistanais ont été tués dans tout le pays dans quelque 460 attentats, suicide pour la plupart.

Les ministères des Affaires étrangères de plusieurs pays occidentaux avertissent leurs ressortissants des risques au Pakistan. Mardi, l’ambassade et les consulats américains ont été fermés « jusqu’à nouvel ordre » au public.

Depuis lundi, les check-points policiers et militaires à Islamabad et autres grandes villes, déjà nombreux depuis l’été 2007, ont été multipliés ou renforcés.

Mais en plus de la crainte de nouveaux attentats, le gouvernement –une coalition hétéroclite fragile et considérée comme inefficace et corrompue par une majorité de Pakistanais– se retrouve coincé: entre les Etats-Unis, principaux bailleurs de fonds qui multiplient les accusations de double jeu face au terrorisme islamiste, et une opinion publique très majoritairement anti-américaine.

Dès lundi, des membres du Congrès américain ont demandé au Pakistan d’expliquer comment Ben Laden a pu vivre confortablement dans une villa cossue d’Abbottabad, une ville de garnison à deux heures d’Islamabad, au nez à et la barbe de l’appareil sécuritaire.

Le principal conseiller antiterroriste du président Barack Obama, John Brennan, n’a pas mâché ses mots: « Je pense qu’il est inconcevable que Ben Laden n’ait pas bénéficié d’un système de soutien dans le pays qui lui a permis de rester là pendant longtemps », a-t-il lancé.

Islamabad, qui proteste timidement à chaque attaque de drones de la CIA visant les talibans ou Al-Qaïda dans le nord-ouest, est confronté à une vaste majorité antiaméricaine au sein d’une population de 170 millions d’habitants. Dans toutes les couches sociales, les Pakistanais estiment que la « guerre contre le terrorisme » a été « importée » par les Etats-Unis après leur « échec » à éliminer Al-Qaïda et les talibans dans l’Afghanistan voisin.

En plus des attaques régulières des drones de la CIA, le raid héliporté d’un commando américain dans le pays pour éliminer Ben Laden alimente au mieux l’idée d’un Etat et d’un appareil militaire déficients, au pire l’idée qu’Islamabad est le « laquais » de Washington. Le tout dans un pays en proie à la progression indéniable de l’islam radical et seule puissance militaire nucléaire du monde musulman.
« Le gouvernement et l’armée sont plus que jamais impuissants face aux Etats-Unis », commente pour l’AFP Liaqat Baloch, vice-président de l’influent parti islamiste Jamaat-e-Islami (JI).

Lundi soir, au cri de « Mort à l’Amérique », ils n’étaient que quelques centaines de personnes à défiler en hommage à Ben Laden à Quetta, dans le sud, mais Islamabad redoute qu’un mouvement s’étende à toutes les grandes villes.

« Son martyr ne mettra pas fin au mouvement, des milliers de Ben Laden vont naître », a promis l’un des leaders de la manifestation de Quetta.

AFP_________________

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