Le Pakistan sous la menace d’épidémies de choléra

Le Pakistan sous la menace d’épidémies de choléra

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C’est probablement la pire catastrophe naturelle de l’histoire pakistanaise. Même le tsunami qui avait frappé le pays en 2004 n’aurait pas fait autant de dégâts, estime le premier ministre Yousuf Raza Gilani. Trois semaines après le début de ces gigantesques inondations, le bilan s’élèverait déjà à 1.600 morts. Il pourrait très rapidement s’alourdir dans les semaines à venir en raison des épidémies meurtrières qui menacent 20 millions de personnes désormais sans-abri. Dans la ville de Mingora, un premier cas de choléra a ainsi été confirmé samedi par l’ONU. Les autorités pakistanaises avaient déjà prévenu, il y a deux semaines, que des cas de choléra semblaient avoir été identifiés dans la vallée du Swat. Au moins 36.000 personnes souffrent par ailleurs de diarrhées aigues, indique l’ONU.

«L’éruption d’épidémies dans les régions est une menace sérieuse qui peut compliquer une situation déjà grave», s’inquiète le premier ministre. Ce dernier en appelle aux dons de la communauté internationale. L’ONU a d’ores et déjà lancé vendredi un appel de fonds de 460 millions d’euros. «Il est actuellement financé à 20%», estime le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha). Largement insuffisant estiment les agences humanitaires qui demandent aux pays donateurs de verser au plus vite la totalité de l’aide humanitaire promise aux sinistrés. Le premier Gilani estime pour sa part qu’il faudra bien plus que ces 460 millions d’euros pour «combattre cette calamité».

Météo calme, pas de nouvelles inondations de prévues

«Il y a des millions de personnes qui ont besoin de nourriture, d’eau potable et de soins médicaux», explique en effet le chef des opérations pour l’Asie du sud du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Jacques de Maio. L’aide devrait se concentrer dans un premiers temps sur les 6 millions de personnes jugées les plus vulnérables.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon devrait arriver dimanche à Islamabad. Il doit discuter avec des responsables gouvernementaux des mesures d’aides d’urgence et se rendra le jour même dans des zones sinistrées. Le président pakistanais Asif Ali Zardari a quant à lui effectué sa deuxième visite auprès des sinistrés. Après s’être rendu jeudi dans le sud, il était samedi dans le nord-ouest du pays.

Dans un message diffusé à l’occasion de l’anniversaire de l’indépendance, dont les festivités ont été annulées, il a «salué le courage et l’héroïsme des victimes» et a promis que «le gouvernement fera tout ce qui est en son pouvoir pour atténuer leurs souffrances». Une manière de calmer les esprits après les critiques qui avaient fusé de toute part la semaine dernière, dénonçant son manque d’intérêt pour la population. Le veuf de l’ancienne dirigeante assassinée, Benazir Bhutto n’avait en effet pas jugé nécessaire d’interrompre une tournée qu’il effectuait en Europe alors que la situation se dégradait de jour en jour au Pakistan.

Depuis samedi, la météo semble à l’accalmie et les autorités ne prévoiennt aucune nouvelle vague d’inondation au cours des deux prochains jours. «Le niveau de l’eau baisse progressivement dans les principales rivières» du pays, a ainsi précisé le chef des services météorologiques pakistanais, Arif Mehmood.

 

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