Le palais et Benkirane… jusque-là, ça marche, par Taoufik Bouachrine

Le palais et Benkirane… jusque-là, ça marche, par Taoufik Bouachrine

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Il est encore tôt pour se prononcer sur le succès ou l’échec de cette cohabitation entre Benkirane et le palais, ses rites, ses rituels et ses coutumes. Selon la nouvelle Constitution, le roi a désormais un partenaire de pouvoir, il ne peut donc plus gouverner avec des institutions purement formelles qui n’ont d’autre raison d’exister que d’exécuter les ordres qui leur sont adressés… mais, d’un autre côté, il est important de noter que les deux parties, gouvernement et palais, déploient de louables efforts pour mettre en place un nouvel environnement politique, de nouvelles règles et des principes nouveaux de partage du pouvoir.

Lorsque le gouverneur de Sidi Bennour avait brûlé la politesse au ministre d’Etat Abdallah Baha, le comparant à un chien errant, le roi l’avait immédiatement limogé et tout de suite après, le ministère de l’Intérieur avait publié un communiqué viril affirmant que le respect dû aux ministres était désormais une ligne rouge à ne pas dépasser. Cela est en soi un message politique fort aux différents centres de pouvoir qui avaient pris habitude de mépriser et de traiter par-dessus la jambe les différents gouvernements qui se sont succédé jusque-là. Et avant cet incident, un ministre avait envoyé au palais une liste de hauts fonctionnaires à valider, ce qui avait suscité l’ire de Benkirane car ces nominations relevaient du conseil de gouvernement, le palais y étant totalement étranger selon les dispositions de la Constitution. Et c’est à ce moment qu’est intervenue la fameuse communication téléphonique avec le roi, ainsi relatée par Benkirane : « Sa Majesté le roi m’a contacté et m’a enjoint de veiller au respect de la Constitution, de n’écouter personne, fût-il membre du cabinet royal, s’il s’agit d’enfreindre aux dispositions de cette constitution ».

Et avant cela, toujours à en croire Benkirane, le roi avait exprimé sa satisfaction à son chef du gouvernement pour l’action de son équipe, lui demandant en outre de rester tel qu’il a toujours été, spontané et franc, et de continuer de sortir de sa réserve chaque fois qu’il le fallait, même si la conduite des affaires de l’Etat impose par moments une certaine réserve. Nous sommes donc face à l’élaboration d’une nouvelle culture politique établissant les relations d’un type inédit entre les élites politiques, le gouvernement et le palais.

Mais à côté de tout ce qui a été enregistré de positif, il existe des choses négatives, comme les nominations qui ont précédé l’installation du gouvernement, ou encore le projet de loi de désignation des présidents des institutions  publiques stratégiques, Benkirane ayant dans le domaine fait preuve d’une certaine exagération dans la concession au palais, s’éloignant d’autant des recommandations de la Constitution, lorsqu’il a abandonné la main au roi sur pas moins de 37 organismes, alors que la Commission de rédaction de la Constitution, présidée alors par Menouni, n’avait pensé qu’à 6 ou 7 institutions stratégiques qui restent tributaires du roi car elles n’entrent pas dans le cadre des politiques gouvernementales.

En dehors de cela, force est de constater que, jusqu’à présent, cette « expérience de cohabitation et de cohésion »  est une réussite. Les démocrates forment le vœu que cette cohabitation émane effectivement d’une forte conviction des deux parties, car l’avenir du pays dépend en grande partie du succès de cette seconde transition démocratique, après l’échec de la première entre Hassan II et el Youssoufi… Ces mêmes démocrates espèrent vivement que cette cohabitation ne soit pas imposée par le printemps arabe, car alors elle disparaîtrait dès que ce printemps s’effacera au profit de l’automne…

source : panoramaroc.ma _____________

 

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