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Les dirigeants des principaux groupes au Parlement européen ont plaidé aujourd’hui pour le gel des discussions d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne en raison du recul des droits de l’homme depuis le coup d’Etat manqué de l’été dernier.

« Notre message pour la Turquie est très clair: les négociations d’adhésion devraient être gelées immédiatement », a déclaré Manfred Weber, à la tête du Parti populaire européen (centre-droit), premier groupe parlementaire à Strasbourg.

« Je ne dis pas qu’elles doivent être suspendues, mais je crois qu’il est impossible de mener un dialogue avec la Turquie dans la situation actuelle. Si la Turquie devait réellement rétablir la peine de mort, la Turquie ne pourrait pas se joindre à l’Europe », a-t-il ajouté.

Le chef de file du groupe socialiste, Gianni Pitella, lui a fait écho: « Il faut geler les discussions d’adhésion pour envoyer un signal politique fort », a-t-il affirmé avant d’égrener les chiffres de la répression menée par le gouvernement turc depuis le coup d’Etat manqué du 15 juillet.

« Des milliers de personnes arrêtées sans motif, 140 journalistes en prison, c’est le chiffre le plus élevé au monde, un tiers des juges et des procureurs qui ont été incarcérés, 11.000 enseignants suspendus, dix députés envoyés en prison et 36 maires remplacés par des commissaires d’Etat : tout ceci n’est pas justifiable, pas même par un coup d’Etat que nous avons condamné immédiatement », a-t-il ajouté.

Les eurodéputés devraient formaliser leur demande de gel des négociations lors du vote d’une résolution jeudi à Strasbourg.

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