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Depuis qu’il a pris les commandes de la sûreté nationale, poste qu’il cumule avec celui de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire, Abdellatif Hammouchi, qui croyait vite mener une révolution interne pour marquer son département de sa propre empreinte, moderniser ses services et rajeunir ses effectifs tout en les nettoyant des « moutons noirs » autrement dit les ripoux, semble prendre conscience aujourd’hui qu’il lui faudra beaucoup plus de temps pour parvenir à ses objectifs. Il est vrai qu’il est difficile d’éliminer d’un trait les mauvaises habitudes fossilisées après des dizaines d’années.

Si le flic numéro 1 du pays est venu pour faire diminuer le taux de criminalité, force est de constater que les villes en souffrent toujours autant, pour preuve, celle de Fès qui vient de se faire remarquer par l’agression sauvage de touristes allemands. Si l’on devait installer un observatoire de la violence et la criminalité, gageons qu’il fournira des indicateurs objectifs beaucoup plus inquiétants que ceux rassurants des services de police soucieux de ne pas paniquer les citoyens.

En livrant des policiers auteurs de sévices qui ont couté la vie à un homme, Abdellatif Hammouchi a incontestablement signé une rupture avec le passé tout comme il l’a montré en menant une guerre contre les policiers corrompus et complices de truands et de trafiquants de drogue, mais le chemin reste long et parsemé d’embûches pour ce super flic craint et respecté de tous, car à peine restaure-t-il un pan de sa muraille qu’un autre se fissure et s’effondre devant lui. Alors que certains veulent lui faire porter le chapeau de ce qui s’est passé à Fès , l’homme croit beaucoup en sa capacité à mener sa mission à bien. Il lui faudra seulement du temps.

Par Jalil Nouri

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