Le père de la fécondation in vitro remporte le Nobel de médecine

Le père de la fécondation in vitro remporte le Nobel de médecine

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Le physiologiste âgé de 85 ans est considéré avec son collègue gynécologue Patrick Steptoe, décédé en 1988, comme le «père des bébés éprouvettes» pour avoir permis la naissance de Louise Joy Brown, le 25 juillet 1978, premier bébé conçu in vitro.

Né à Manchester en 1925, marié, le professeur Edwards est le père de cinq filles et a 11 petits enfants. Le professeur émérite de l’Université de Cambridge n’a pas souhaité sortir de sa réserve à l’occasion de son prix Nobel, à cause d’une santé fragile.

Après avoir effectué son service militaire durant la Seconde Guerre mondiale, il étudie la biologie à l’Université du Pays de Galles, à Bangor, puis à l’Université d’Édimbourg (Écosse) où il obtient son professorat en 1955 avec une thèse sur le développement embryonnaire chez les souris.

C’est dans un laboratoire de Cambridge, où il a commencé à travailler en 1963, que ses recherches débouchent sur la création de la vie in vitro en 1968.

«Jamais je n’oublierai le jour où j’ai regardé dans le microscope et j’ai vu quelque-chose d’étrange dans les cultures. J’ai regardé dans le microscope et j’ai vu un blastocyste (embryon) humain qui me regardait. J’ai pensé, on y est arrivé!», a-t-il raconté.

En 1978, il fait la une de l’actualité avec la naissance du premier bébé-éprouvette, Louise Brown. Les réactions sont dans l’ensemble enthousiastes, mais il devra aussi affronter de nombreuses critiques, dont celle de l’Église catholique qui est hostile à l’insémination artificielle.

Louise Brown, qui habite à Bristol, au sud-ouest de l’Angleterre, est restée proche du scientifique qu’elle a dit considérer comme «un grand-père».

À Cambridge, il fonde avec le professeur Steptoe le premier centre mondial de fécondation in vitro, le Bourn Hall Clinic, où plus de 10 000 «bébé-éprouvettes» sont nés à ce jour. Cette technique a permis la naissance de plus de quatre millions d’enfants dans le monde.

Le professeur Edwards a expliqué que sa principale motivation, tout au long de ces cinq décennies de recherches, avait été d’aider les couples ayant des problèmes de fertilité à avoir des enfants.

«Le plus important dans la vie est de pouvoir avoir des enfants. Rien n’est plus précieux qu’un enfant», a-t-il déclaré.

Il considère que l’État doit financer l’insémination artificielle pour les couples qui ne peuvent avoir d’enfants sans recours à ce procédé. Et tout en étant conscient des défis éthiques que les progrès de la science posent, il s’est prononcé en faveur de la poursuite des recherches sur les embryons.

«La science doit avancer. Il n’y aurait eu aucune FIV si nous n’avions pas étudié l’embryon», a-t-il remarqué.

Robert Edwards a été fait professeur émérite de l’Université de Cambridge en 1989 et il cite parmi ses autres centres d’intérêts, la politique, l’agriculture, le patrimoine, mais aussi le rugby et le cricket.

 

 

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