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Le pétrole au plus haut depuis 2014

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Les cours du pétrole ont grimpé aujourd’hui à leur plus haut niveau en trois ans et demi, les investisseurs s’inquiétant des conséquences d’éventuelles sanctions américaines contre l’Iran et de la situation au Venezuela.

Le baril de light sweet crude (WTI), référence américaine du brut, pour livraison en juin, s’est pour la première fois depuis fin novembre 2014 hissé au-dessus de la barre des 70 dollars. Il a finalement terminé à 70,73 dollars, en hausse de 1,01 dollar ou 1,45% par rapport à sa clôture de vendredi. Les marchés financiers londoniens étaient fermés aujourd’hui mais le baril de Brent pour livraison en juillet a gagné 1,30 dollar ou 1,74% pour terminer à 76,17 dollars, là aussi son plus haut niveau depuis fin 2014, dans les échanges électroniques.

« Que le baril de WTI atteigne le seuil des 70 dollars est important psychologiquement mais les cours ne cessent de grimper au fur et à mesure que se rapproche la date limite à laquelle Donald Trump doit donner sa décision sur les sanctions contre l’Iran », souligne Andy Lipow du cabinet Lipow Oil Associates.

Le président américain, qui menace de « démanteler » l’accord sur le nucléaire iranien signé en 2015 avec les grandes puissances mondiales, va en effet annoncer mardi s’il réimpose des sanctions contre Téhéran, en visant notamment des revenus pétroliers. Alors même que les plus proches alliés occidentaux des Etats-Unis se succèdent à Washington depuis plusieurs semaines pour tenter de le convaincre de ne pas torpiller l’accord, Donald Trump a annoncé dans un tweet lundi qu’il officialiserait sa décision mardi à 18H00 GMT.

Un retour des sanctions contre le troisième producteur de brut de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) aurait pour effet de perturber l’offre mondiale. « Si Donald Trump opte pour un retrait de l’accord, cela réduira fortement le volume des exportations de brut iranien sur un marché global où les stocks sont déjà en train de décliner », relève M. Lipow.

Dans le même temps, les Etats-Unis ont annoncé aujourd’hui de nouvelles sanctions à l’encontre du Venezuela, un autre pays exportateur de pétrole. « Comme la production de brut vénézuélienne a déjà fortement baissé depuis un an en raison du manque d’investissements, du départ de nombreux salariés et des coupures régulières de courant, cela pourrait vraiment diminuer les flux en provenance de ce pays », indique M. Lipow.

« Cette semaine démarre de manière assez tendue étant donné le risque de sanctions américaines contre deux membres de l’Opep », renchérit Robert Yawger de Mizuho USA. Dans ce contexte, la hausse continue des extractions de brut aux Etats-Unis, encore soulignée vendredi par l’annonce d’une hausse du nombre de puits de forage en activité dans le pays, passe au second plan.

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