Le pétrole termine sous les 40 dollars à New York

Le pétrole termine sous les 40 dollars à New York

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Plombé par une nouvelle chute des marchés chinois et des inquiétudes renouvelées sur un éventuel afflux d’or noir iranien, le marché pétrolier a chuté lundi à New York pour terminer pour la première fois depuis six ans sous 40 dollars le baril. Le cours du baril de « light sweet crude » (WTI) pour livraison en octobre a perdu 2,21 dollars à 38,24 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), un niveau auquel il n’était pas retombé en clôture depuis février 2009.

À Londres, la référence européenne du brut, le baril de Brent de la mer du Nord a perdu 2,80 dollars à 42,69 dollars, à son plus bas depuis mars 2009, là aussi sur le contrat pour octobre. « La frousse à propos de la Chine, c’est mauvais pour la Bourse, mais c’est encore pire pour le marché pétrolier mondial », a jugé John Kilduff d’Again Capital.

Les marchés financiers ont connu lundi une journée noire rappelant les pires heures de la crise de 2008, dans le sillage des places boursières asiatiques, les inquiétudes grandissant face aux possibles effets du ralentissement chinois sur la croissance mondiale. La Bourse de Shanghaï a, plus particulièrement, perdu environ 8,5%, au moment où s’enchaînent les indicateurs décevants attestant de l’essoufflement de l’économie en Chine, deuxième consommateur mondial de pétrole après les Etats-Unis.

« C’est le coeur du problème en ce qui concerne le pétrole et d’autres matières premières, dans le sens où le pays le plus important pour la demande montre de réels signes de faiblesse », a jugé M. Kilduff, estimant que le cours du baril de pétrole pourrait encore chuter d’une grosse dizaine de dollars. « Il est de moins en moins probable que la Chine atteigne sa cible de 7% de croissance », a renchéri Alastair McCaig, analyste chez IG.

Saison de maintenance

Le marché pétrolier n’obtient pas plus de soutien sur le plan de l’offre, dont l’excédent plombe depuis plus d’un an les prix. Ils dépassaient 100 dollars le baril en juin 2014. « On est toujours préoccupés par la perspective d’un afflux de pétrole iranien, l’activité de forage s’accroît aux Etats-Unis et les raffineries vont bientôt entrer en période de maintenance », ce qui aura tendance à accroître les réserves de brut, a énuméré Bart Melek, de TD Securities.

Au sujet de l’Iran, les investisseurs pétroliers s’inquiètent des conséquences d’une levée des sanctions à la suite de l’accord nucléaire conclu à la mi-juillet. Lundi, le marché s’est particulièrement préoccupé de cette question, a rapporté Tim Evans de Citi, pour qui les craintes ont été « renforcées par les derniers propos en date du ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zangeneh, selon lequel la production sera augmentée à tout prix« . « Dans le contexte actuel, le marché ne peut que conclure qu’à tout prix veut dire quel que soit le niveau auquel tombent les cours« , a-t-il interprété.

De plus, « les attentes d’un retour rapide de l’Iran comme un des principaux fournisseurs de pétrole au monde ont été renforcées par la réouverture par le ministre britannique des Affaires étrangères de l’ambassade de Grande-Bretagne » à Téhéran, a rapporté M. McCaig. Une fois les sanctions levées, le pays pourrait, selon certains observateurs et des responsables iraniens, entraîner une hausse de 1 million de barils par jour (mbj) de la production de l’Opep, pour la porter de 32 mbj à 33 mbj.

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