Le plus populaire Maalem Gnaoui, Hamid El Kasri, clôture le festival d’Essaouira

Le plus populaire Maalem Gnaoui, Hamid El Kasri, clôture le festival d’Essaouira

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Les férus de tagnaouite se sont donnés un dernier rendez-vous, dimanche, place Moulay Hassan pour une ultime envolée sur des notes de Gembri avec un as de la transe collective, Hamid Kasri.Accompagné du Malien virtuose du n’goni, Bassékou Kouyaté, El Kasri a pu mesurer l’intensité de sa notoriété avec des morceaux devenus des hymnes comme Yobadi repris en cœur par le public.

« Il n’est peut être pas le plus apprécié des puristes, mais c’est celui qui incontestablement met le plus d’ambiance » assure Abderrahim, un instituteur de Taza revenu à Essaouira, cinq ans après son premier festival.

Abderrahim dit avoir « pris sa dose de tagnaouite » mais regrette néanmoins l’époque des lilas intimistes et gratuites qui parsemaient le festival, et qui ont finalement été déprogrammées.

Aujourd’hui seules trois scènes privées, Dar Souiri, Borj Bab Marrakech et Zaouia de Issaoua proposent aujourd’hui ce genre de concerts acoustiques où les maâlems reprennent leur répertoire dans une ambiance intimiste.

Un revirement dans la programmation qui n’enlève en rien à la magie que peut attendre les festivaliers au détour d’une prestation, comme celle magnifique, samedi soir, d’Ibrahim Mahlouf, trompettiste génial qui revient à Essaouira après une apparition en 2006, alors qu’il n’avait pas encore goûté au succès mondial auquel est aujourd’hui associé son nom.« De tous les publics, celui-ci est le meilleur » a déclaré le Libanais. Autres magies de cette édition, le concert d’Ayo sur la plage d’Essaouira et surtout le grand Marcus Miller qui lors d’une rencontre avec la presse a expliqué avoir été stupéfait en découvrant que les maalems gnaoua « claquait les cordes » depuis la nuit des temps, alors qu’il croyait avoir inventé la technique avec le slap. Le jazzman a offert, samedi soir, une fusion rare avec maalem Mustapha Baqbou.

Ainsi le festival, rendez-vous incontournable pour les passionnés de la culture gnaoua, a cette année encore confirmé le choix d’un recentrage sur la thématique gnaoua.

« Nous revenons aux racines de ce festival » comme aime à le préciser Neila Tazi, directrice du festival. Moins de scènes donc, moins de dépenses évidemment, plus de scènes privées aussi, pas de tête d’affiche mais la sensation partagée d’être revenu à l’essentiel.

Maalam Abdselam Alikane, directeur artistique et un des fondateurs du festival s’en réjouit : « Il était important pour nous que le festival ne soit pas le vecteur d’une folklorisation du patrimoine gnaoua. C’est pourquoi nous veillions à ce que la programmation ne suivent pas un effet mode porté par une tête d’affiche ».

Cette dix-septième édition n’a donc échappé à la règle des toutes dernières éditions. Pas de gros concert comme le festival a pu en offrir un temps avec Mami, Khaled, The Waillers encore Yousou Ndour, mais l’événement a rempli sa mission, celle de rassurer les connaisseurs en offrant des fusions de qualité et surtout en faisant rayonner la culture gnaoua.

Reconnu mondialement comme l’une des manifestations musicales les plus intenses, le festival d’Essaouira a encore reproduit sa magie. « On peut avoir l’impression que la musique gnaoui est lassante, répétitive entre guillemets. Mais l’originalité et l’authenticité des rencontres fait qu’on a réussi à fidéliser un public qui ne se lasse jamais » affirme Neila Tazy, plus que jamais convaincue de la pérennité de l’événement souiri. Un nouveau cycle gnaoui peut sans se soucier se refermer dans l’attente de la prochaine note de Guembri .

 

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