Le président chinois Hu Jintao en visite d’Etat à Washington sur fond...

Le président chinois Hu Jintao en visite d’Etat à Washington sur fond de divergences

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La visite, de mardi à vendredi, du président chinois, sa première sous l’administration de Barack Obama, le conduira à Washington où son homologue lui fera l’insigne honneur d’un dîner d’Etat, puis à Chicago.
Le déplacement de Hu a donné lieu à un chassé croisé de responsables chinois et américains à Washington et Pékin, y compris du chef du Pentagone Robert Gates qui vient opportunément de normaliser les relations militaires sino-américaines.
Mais l’imposant protocole qui devrait entourer la huitième rencontre des chefs des deux grandes puissances et les déclarations de bonnes intentions ne masqueront pas l’étendue de leurs différends.
Les récents propos du secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner, jugeant « indéfendable » la politique chinoise du yuan faible, ou de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton appelant à la libération de dissidents tel le Nobel de la paix Liu Xiaobo, laissent entrevoir les écueils de cette visite. « Les résultats concrets seront limités au secteur de l’énergie propre et à de contrats commerciaux importants, mais les sujets plus vastes de frictions vont persister », prévoit l’Eurasia Group.
Faiblesse du yuan, différends commerciaux, ventes d’armes à Taïwan, visite du dalaï lama, prix Nobel de la paix à Liu, liberté de l’internet, Corée du Nord ou rivalités dans le Pacifique, la liste est longue des frictions qui ont émaillé l’année écoulée.
Traditionnellement faite de hauts et de bas, la relation sino-américaine a commencé à se détériorer après la visite d’Obama à Pékin fin 2009, alors que la Chine sortait la tête haute de la crise financière internationale. La montée en puissance chinoise — économique, militaire et diplomatique — combinée aux difficultés de l’administration Obama, sur le plan intérieur comme sur la scène internationale, a alimenté une rivalité croissante. « Les deux côtés ont clairement intérêt à s’assurer que cela ne se détériore pas davantage », déclare Russell Leigh-Moses, analyste à Pékin.
MM. Hu et Obama devraient donc s’attacher à afficher au moins quelques sujets d’entente.
« La réforme du système financier international fait partie des sujets qui peuvent être porteurs d’un certain consensus », de même que « le G20 ou les investissements croisés », avance Jean-Pierre Cabestan de la Hong Kong Baptist University. Mais « sur beaucoup de sujets commerciaux, il y a une vraie guerre économique, avec des tendances protectionnistes de part et d’autre ».
La Corée du Nord pourrait aussi permettre d’afficher une certaine entente, estime Shi Yinhong, de l’Université du Peuple, alors que Pékin est visiblement intervenu pour calmer son allié nord-coréen. « Ils vont chercher à relancer le plus tôt possible les pourparlers à Six » sur la fin du programme nucléaire de Pyongyang, prédit M. Shi.
Mais, même si les Etats-Unis et la Chine « partagent le point de vue qu’ils ont bien plus d’intérêt à la coopération qu’aux hostilités », comme le note Jia Qinguo, de l’Université de Pékin, le rapport de force a changé.
« Le poids de la Chine a crû à un point tel que désormais elle a une meilleure capacité pour résister aux politiques américaines » et est notamment « plus sûre d’elle sur les questions de sécurité », note l’Eurasia Group.
Ainsi, la visite de Hu « permettra, côté chinois, de voir un peu ou en est le ‘déclin’ américain, et, côté américain, de démontrer aux Chinois qu’ils ne sont pas sur le déclin et que si ceux-ci continuent de se moderniser, notamment dans le domaine militaire, les Etats-Unis ont les moyens de conserver une longueur d’avance, donc un avantage stratégique », estime M. Cabestan.

AFP

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