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Le Qatar a confirmé mercredi une commande de sept navires de guerre à l’Italie pour un montant de cinq milliards d’euros, au moment où ce petit émirat gazier est isolé par quatre pays arabes, dont trois du Golfe.

« Nous avons signé un contrat au profit des forces navales du Qatar en vue de l’acquisition de sept navires de guerre à l’Italie pour un montant de cinq milliards d’euros », a déclaré le ministre des Affaires étrangères du Qatar, cheikh Mohamed Abderrahmane Al-Thani, lors d’une conférence de presse à Doha avec son homologue italien Angelino Alfano.

Le ministre italien a confirmé le contrat en parlant de « sept navires de guerre », sans plus de précision.

Selon des médias italiens, le contrat porte sur sept navires de surface, dont quatre corvettes, un vaisseau amphibie et deux patrouilleurs.

En juin 2016, le groupe italien Fincantieri avait signé un contrat préliminaire d’un montant de quatre milliards d’euros avec le Qatar pour la construction de sept bateaux dont quatre corvettes.

De son côté, la firme MBDA avait annoncé avoir signé un contrat d’un milliard d’euros pour équiper en missiles les unités navales commandées auprès de Fincantieri.

« Tous les navires seront entièrement construits dans les chantiers navals italiens de Fincantieri à partir de 2018, assurant six années de travail et un impact important sur les principales entreprises de défense italiennes », avait assuré le groupe Ficantieri.

Indépendamment des emplois en Italie, la commande officiellement confirmée mercredi démontre que le Qatar continue de faire affaire avec des pays occidentaux en dépit des sanctions dont il fait l’objet de la part de ses voisins arabes.

Le Qatar et les Etats-Unis avaient signé le 15 juin, en pleine crise du Golfe, un accord de 12 milliards de dollars pour la vente à Doha d’avions de combat F-15.

Le Pentagone n’avait pas livré de détails sur la vente qui, selon Bloomberg, concernerait 36 de ces appareils.

L’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis et l’Egypte ont rompu le 5 juin leurs relations diplomatiques avec le Qatar, qu’ils accusent de soutenir des islamistes radicaux, d’être derrière des actes de déstabilisation dans la région et, au-delà, de se rapprocher de l’Iran chiite, grand rival du royaume saoudien sunnite.

Ils ont imposé des sanctions économiques au Qatar et lui demandent, pour les lever, de satisfaire à 13 demandes, dont la fermeture de la chaîne de télévision Al Jazeera et d’une base militaire turque au Qatar.

Le Qatar rejette les accusations et refuse de satisfaire ces demandes.

Son ministre des Affaires étrangères a déploré mercredi l’intransigeance des adversaires de Doha lors de leur dernière réunion dimanche à Bahreïn où ils n’ont selon lui « manifesté aucune intention de résoudre la crise de manière pacifique ».

De son côté, le ministre italien a souhaité une désescalade et une solution dans « le respect du droit international ».

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