Le régime libyen contre-attaque, accuse les Occidentaux de « conspiration »

Le régime libyen contre-attaque, accuse les Occidentaux de « conspiration »

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Le chef de la diplomatie libyenne Moussa Koussa a accusé lundi soir la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis de prendre « contact avec ceux qui ont fait défection » et sont passés dans l’opposition.
« Cela veut dire qu’il y a une conspiration pour diviser la Libye », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse à Tripoli.

 

Plus isolé que jamais sur la scène internationale après trois semaines d’insurrection, le colonel Kadhafi avait déjà accusé la France d' »ingérence » après le soutien apporté par Paris au Conseil national mis en place par l’opposition à Benghazi, deuxième ville du pays, pour préparer la transition.

Sur le plan diplomatique, l’ONU a chargé l’ancien ministre jordanien des Affaires étrangères Abdel Ilah Khatib d’entreprendre des « consultations urgentes » avec Tripoli sur la crise humanitaire provoquée par les combats.

Sur le terrain, les violences continuent. Trois raids aériens des forces loyalistes ont visé lundi le port pétrolier stratégique de Ras Lanouf, pris vendredi par l’insurrection, où des insurgés ont répliqué avec l’artillerie anti-aérienne, selon un journaliste de l’AFP.

Une frappe a touché la voiture d’une famille qui fuyait les combats, blessant un enfant de 13 ans et son père, a raconté ce même journaliste.

Dès l’aube, des habitants avaient fui Ras Lanouf, poste avancé de la rébellion dans l’Est, à 300 km au sud-ouest de Benghazi, par crainte des combats qui avaient déjà chassé les insurgés de Ben Jawad, à une quarantaine de kilomètres plus à l’ouest.

Sur la route, un véhicule équipé de haut-parleurs crachait des instructions aux insurgés. « N’allez pas au front devant l’armée. Le pétrole est entre nos mains », vociférait la voix dans le haut-parleur, laissant entendre que le village de Ben Jawad, où les combats dimanche ont fait au moins 12 morts et plus de 50 blessés, ne valait pas un tel sacrifice.

A Misrata, 3e ville du pays, tenue par l’opposition à 150 km à l’est de Tripoli, les combats dimanche ont fait 21 morts, en majorité des civils dont un garçonnet, selon un médecin.

Les forces pro-Kadhafi ont attaqué la ville à l’arme lourde pendant toute la journée, a raconté le médecin: « ils ont tiré sur des civils et des bâtiments. Les rebelles ont riposté et réussi à pousser les forces de Kadhafi hors de la ville ».

Non loin de là, à Zenten, une offensive des forces loyalistes dans la nuit de dimanche à lundi a été repoussée par les habitants qui ont saisi des armes et de la nourriture, selon un témoin qui a vu au moins cinq corps.

L’ONU a lancé lundi un appel de fonds de 160 millions de dollars pour aider les victimes, alors que le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon avançait déjà le 25 février le chiffre de plus de 1.000 morts.
A Washington, la pression montait autour du président Barack Obama pour fournir une assistance militaire aux insurgés et neutraliser l’aviation libyenne, soit par une zone d’interdiction aérienne, soit par une destruction des pistes des aéroports.
M. Obama a prévenu les collaborateurs de Mouammar Kadhafi qu’ils devraient « rendre des comptes » sur les violences.
La Maison Blanche a indiqué lundi que l’idée d’armer l’insurrection était une option, tout jugeant « prématuré » de se lancer dans une telle opération à l’heure actuelle.
Les diplomates français et britanniques, qui travaillent sur un projet de résolution de l’ONU établissant une zone d’exclusion aérienne, veulent le présenter dans la semaine.
Le secrétaire général de l’Otan a lui estimé que les attaques contre des civils pouvaient être considérées comme des crimes contre l’humanité et que la communauté internationale ne pourrait rester passive si elles se poursuivaient.
Il a cependant répété que l’Otan n’avait « pas l’intention d’intervenir » sans mandat de l’ONU.
Les monarchies arabes du Golfe se sont déclarées favorables à la mise en place par l’ONU d’une zone d’exclusion aérienne « pour protéger les civils », alors que la Russie s’est dite opposée à toute ingérence militaire étrangère.
Après une première série de sanctions incluant un gel des avoirs et une interdiction de visa pour 26 responsables libyens, l’Union européenne vise désormais la Libyan Investment Authority (LIA), fonds souverain du gouvernement.
Le Japon a annoncé l’application des sanctions imposées par l’ONU contre la Libye – qui prévoient notamment le gel des avoirs du colonel Kadhafi et de ses proches – et l’interdiction d’entrée sur le territoire nippon pour 16 personnalités du régime.
L’Italie a annoncé avoir établi des contacts « discrets » avec le Conseil national de l’opposition. En revanche, une « équipe diplomatique britannique » venue établir des contacts à Benghazi a dû quitter le pays après avoir été détenue plusieurs jours par l’opposition, qui lui a reproché d’être entrée dans le pays « sans aucun accord préalable ».
Plus de 191.000 personnes ont fui à ce jour les violences et environ 10.000 personnes déplacées se dirigeaient vers la frontière égyptienne, selon l’ONU.
Les tensions en Libye, qui détient les plus importantes réserves de pétrole d’Afrique, ont continué de se répercuter sur les marchés et sur les prix du pétrole.

AFP_____________________

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