Le régime libyen se cache derrière les civils

Le régime libyen se cache derrière les civils

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Sur l’écran de son téléphone portable, un préposé au régime libyen – qui s’est rendu sur place après l’attaque – fait défiler les images une à une : des pans de murs soufflés par l’explosion, une montagne de débris jonchant le sol, des éclats de verre… Le message envoyé par la coalition est symboliquement fort. Si le Pentagone continue à soutenir que «Kadhafi n’est pas un objectif», le bâtiment qui a été touché est, selon lui, un «centre de commandement des opérations». Il est situé au centre de la caserne de Bab el-Azizia, un complexe superprotégé qui fait office de bureau – et de résidence – pour Mouammar Kadhafi. Qui plus est, il se trouve à environ 50 mètres de la fameuse tente bédouine où le dirigeant libyen reçoit habituellement ses hôtes, entouré de gardes du corps et de chamelles broutant l’herbe de ce vaste complexe sous haute garde.

«Une dangereuse mise en scène»

Quelques heures avant la puissance déflagration, entendue jusqu’au centre de Tripoli, Kadhafi avait adressé un virulent message sonore à ses adversaires en promettant de transformer la Méditerranée en «champs de bataille». Depuis, il observe un étonnant silence. Commence-t-il à prendre conscience qu’après plus de quarante et un ans de pouvoir ses derniers jours sont peut-être comptés ? S’est-il retranché dans un de ses bunkers qu’on imagine – à la vue des ventilateurs qui pointent leur nez dans la cour – profondément creusés en sous-sol ?

Sondé sur l’endroit où se terre actuellement le Guide, Moussa Ibrahim, un des porte-parole du gouvernement, se contente de répondre par le langage des signes, en frappant à deux reprises son cœur de sa main droite. Habituellement loquace et avenant, ce fidèle du régime affichait, lundi, une mine particulièrement déconfite. «C’est un acte barbare !», s’emporte-t-il, en référence à l’attaque de la nuit précédente. Avant de poursuivre : «Les Occidentaux disent vouloir protéger la population, et ils bombardent ce site, qu’ils savent occupé par des femmes et des enfants !»

Moussa Ibrahim fait référence à ces centaines de personnes «invitées» par le pouvoir à s’entasser dans l’enceinte de Bab el-Azizia depuis samedi après-midi. Un va-et-vient permanent, rythmé par des slogans anti-Occidentaux, et qui fait office de «bouclier humain» contre les frappes occidentales. «Ne vous fiez pas qu’à ces gens-là. Ce sont des personnes simples, parfois payées pour crier quelques formules pro-régime, et qui sont exploitées, à leur insu, par le pouvoir», prévient un ingénieur rencontré en chemin et visiblement remonté contre ce qu’il appelle une «dangereuse mise en scène».

Les échos qui proviennent de Misrata, située à 150 kilomètres à l’est de Tripoli, ne sont pas plus rassurants. Là-bas, dans la troisième ville du pays, où des combats continuent à opposer des forces pro et anti-Khadafi – en dépit du cessez-le-feu -, «les hommes du régime empêchent certains habitants de sortir de la ville afin de former un bouclier humain contre les frappes de la coalition», confie un médecin contacté par téléphone, qui préfère garder l’anonymat par crainte d’être inquiété. Selon lui, «ils forcent les gens à crier leur soutien à Kadhafi et ont également mobilisé de jeunes orphelins».

La rumeur du décès d’un fils du colonel

Tandis que de nouvelles frappes étaient attendues lundi soir, une nouvelle rumeur commençait à enfler à Tripoli : celle de la mort de Khamis, l’un des fils du dirigeant libyen, à la tête de la brigade portant son nom. Selon plusieurs sources proches de l’opposition, il aurait succombé à ses blessures dans un hôpital de la capitale, après avoir été victime, il y a une dizaine de jours, d’un attentat suicide dans l’enceinte de Bab el-Azizia. Un hélicoptère, conduit par un pilote de l’armée de l’air passé dans l’opposition, s’y serait écrasé sur un bâtiment où le fils de Kadhafi se trouvait avec sa famille. Si l’information demeure invérifiable, elle donne une idée de l’ampleur de la «guerre médiatique» que se livrent le régime et l’opposition.

Ces dernières semaines, le pouvoir s’est, par exemple, appliqué à annoncer par texto, et souvent bien avant l’heure, la «libération» des villes rebelles, afin de créer un mouvement de panique dans la population et d’inciter les insurgés à renoncer à leurs assauts. Une stratégie de la «désinformation» qui vise également la coalition. Dimanche soir, la télévision libyenne a ainsi annoncé qu’un avion français avait été abattu. Une information aussitôt démentie par Paris.

 

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