Le secteur de l’artisanat un enjeu économique

Le secteur de l’artisanat un enjeu économique

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Toute personne aime ce Pays qu’est le Maroc et aspire à sa stabilité  ne peut que se féliciter et se réjouir de cette décision, qui respecte le résultat des urnes et couronne un processus inauguré par le discours Royal du 9 mars 2011. Sa Majesté a tenu sa promesse et a respecté sa part du contrat. Il revient maintenant à l’élite politique nationale et au peuple marocain d’honorer  la deuxième partie de ce contrat. L’enjeu de la construction du processus démocratique commence réellement avec la nomination de M. Benkiran comme Chef du Gouvernement, le Premier Chef du Gouvernement qui porte officiellement ce nom. Contrairement ce que prétend la presse étrangère, il n’y pas d’exception marocaine, le peuple marocain aspire à la démocratie, à la justice et à l’équité sociale, au même titre que les autres peuples et pour cela il revendique une élite politique et une classe dirigeante responsables, intègres, compétentes et clairvoyantes.  
L’arrivée du PJD en tête des élections est un résultat logique, car de tous les partis politiques présents, Dieu sait comme ils sont nombreux, seul le PJD a fait de la normalisation de la vie publique un objectif.  Les propos semblent d’autant crédibles que les dirigeants du parti n’ont pas été compromis par la gestion des affaires publiques. Son discours semblait dire, « je veux faire parti du système pour le réformer de l’intérieur. »

PJD maintenant que vous faites parti de ce système, et que vous y êtes entrés par la grande porte, une porte représentée par le quart des voix, score qu’aucun parti n’a pu réaliser précédemment, la tâche qui vous incombe est lourde. Les réformes sont à apporter au niveau de presque la totalité des secteurs, la santé, l’enseignement, la justice etc. Non seulement que le citoyen espère et attend, mais également nombreux sont ceux qui vous rendront la tâche compliquée.
Vous levez l’étendard du développement et de la justice sociale, or il faut trouver cette équation qui peut assurer ce développement en y  impliquant la totalité de la population. Un lien qui uni les monts des montagnes, aux étendus des plaines,  le sable des bords des mers à celui des fins fonds des oasis du Sahara. Ce lien existe, et ne demande qu’à être extrait. Il s’agit d’un secteur productif qui demeure sous exploité malgré le potentiel qu’il renferme et le nombre des personnes qui en vivent. Le secteur de l’artisanat, toutes branches confondues, avec une attention particulière relative aux branches des savoirs détenus par les femmes. Qui de nous peut prétendre ne pas avoir eu une mère, une sœur, une tante ou une grand-mère, tisseuse, brodeuse ou potière. C’est un dénominateur commun à toutes les familles marocaines, un dénominateur, qui a souvent contribué à renflouer le budget des ménages ou du moins à économiser certaines dépenses. Le premier outil de l’homme, étant la main, les femmes du Maroc en feront bon usage. De la broderie à la « chebeka », du caftan au bijou, du tapis au « hanball », de la poterie au cuir, du « bizioui » à « taddarzt », de la vannerie à la passementerie, chaque objet a un usage utilitaire, une fonction esthétique et une valeur économique.

Or malgré ce potentiel inestimable, le secteur est demeuré méconnu et sous exploité. Souvent l’artisanat est cité en tant que patrimoine, or il se trouve, qu’au-delà du patrimoine, l’artisanat est un réel outil économique. Certains pays ont du pétrole. Le notre est constitué par ce savoir immense, par ce talent incroyable, par cette dextérité infinie, par cette modestie, par cette âme humble et cette profonde satisfaction qui caractérisent les artisans marocains, des qualités prônées par le discours PJD.  

Aussi, les artisans lancent un appel solennel, pour que l’on prenne réellement conscience des richesses et la contribution qu’ils peuvent apporter sur un plan économique, loin des intermédiaires qui exploitent ce revenu et contribuent à faire reculer la qualité des produits.  Loin de tous ces experts étrangers qui ont saisi le filon et qui travaillent à dénaturer l’authenticité des produits par un soit disant design innovant et souvent farfelu. Le secteur doit connaitre des réformes profondes valorisantes de l’artisan et du produit. Le produit doit être appréhendé en tant qu’outil de développement économique et ce n’est qu’ainsi que nous allons préserver et transmettre ce patrimoine. Il faut restructurer les chambres d’artisanat et élaborer de nouvelles chartes, revoir le concept des délégations artisanales des complexes commerciaux artisanaux. Il faut s’opposer à ce que les babouches fabriquées en chine se vendent dans les grandes surfaces  dans le cadre de semaines dites promotionnelles de l’artisanat et mener des actions de labellisations et de protection de marques. L’artisanat est un réel levier de développement économique et social.  Le touriste ne vient pas au Maroc pour ses plages et ses montagnes, il se rend au Maroc pour sa culture, pour son âme authentique. Pour réussir ce challenge, relever le défi et rendre à l’artisanat ses lettres de noblesses et son positionnement réel, le secteur a  besoin d’un ministre fort qui connait la problématique, une personne du terrain, une personne qui n’occulte pas que sa mère ou sa grand-mère ait été tisseuse ou brodeuse. Monsieur le Chef du Gouvernement, les artisans du Maroc, les artisanes du Maroc comptent sur vous pour leur trouver ce ministre à même de travailler pour assurer le décollage souhaité, voulu, nécessaire et même indispensable du secteur. Les artisans ne veulent plus rester à la traine, mais être une dynamo du développement.
Car tous et toutes, ensemble, dans une pluralité qui unie, tissent des liens d’amitiés et de complicité et composent le Maroc dans sa dimension culturelle, traditionnelle, affective et spirituelle, mais ….. Aussi économique.

 

Par Fawzia TALOUT MEKNASSI pour ACTU-MAROC.COM _________

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