Le sujet continue de faire débat au Maroc pour «l’annulation juridique de...

Le sujet continue de faire débat au Maroc pour «l’annulation juridique de la peine de mort»

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Selon la présidente de l’OMDH, il y a actuellement au Maroc 132 détenus qui attendent dans le couloir de la mort, l’application de la peine capitale qui a été prononcée à leur encontre. Même si aucune exécution n’a eu lieu depuis 1993, les Tribunaux marocains continuent cependant de prononcer de telles condamnations irréversibles. Les deux dernières en date ont été rendues à l’encontre du principal accusé dans l’attentat d’Argana perpétré en avril 2011 à Marrakech et qui avait coûté la vie à 17 personnes, et plus récemment encore la condamnation à la peine capitale prise, en janvier de cette année, contre Najib Zaimi, présenté comme chef d’un réseau international de drogue et dans le domicile duquel des cadavres avaient été découverts.

Si la suspension des exécutions au Maroc conforte les abolitionnistes nationaux et étrangers qui qualifient notre pays d’« abolitionniste de fait», la prononciation de tels verdicts continue, en revanche, de mobiliser les ONG nationales afin de parvenir à l’abolition de la peine de mort au Maroc. C’est dans cet objectif que la Coalition marocaine contre la peine de mort (CMCPM) a organisé une conférence, en début de semaine à Rabat, dans le but de « contribuer au débat sur l’abolition de la peine capitale ».
À cette occasion, la présidente de l’OMDH (voir l’entretien) a estimé que l’esprit de l’article 20 de la Constitution va dans le sens de l’annulation juridique de la peine capitale au Maroc. Lors de cette même conférence, l’OMDH a émis l’idée de lancer un «Livre blanc » qui réunira les différentes opinions sur cette question extrêmement sensible.
Questions à : Amina Bouayach, présidente de l’OMDH
«Le Maroc s’inscrit dans un processus abolitionniste»

L’OMDH s’est toujours prononcée pour l’abolition de la peine capitale. Quelles actions concrètes compte mener votre Organisation pour parvenir à son abolition ?
Nous menons, depuis trois années, un travail dans ce sens dans le cadre d’un partenariat avec une ONG française « Ensemble contre la peine de mort », partenariat financé par l’UE et l’Agence de développement française. D’autre part, ce travail s’inscrit parfaitement dans l’esprit de l’article 20 de la nouvelle Constitution et qui consacre « Le droit à la vie ». Cependant, depuis l’adoption de la Constitution, deux condamnations à la peine de mort ont été prononcées. Notre tâche consiste, par conséquent, en la promotion de cet article qui s’inscrit dans un processus abolitionniste, car la Constitutition est un contrat moral avec la société marocaine.

Lors de la rencontre de vendredi dernier, vous aviez évoqué le lancement d’un « Livre blanc ». Qu’en attendez-vous ?
Le « Livre blanc » se propose de regrouper les différentes opinions sur ce sujet : « les pour » et « les contre ». Ce document constituera donc une plateforme à l’adresse des parlementaires pour se prononcer sur le choix politique à adopter.

Ne craignez-vous pas les pesanteurs sociales ?
Je doute qu’il y ait de pesanteurs sociales à ce sujet. Mais des pesanteurs politiques certainement. Et c’est l’objectif premier du « Livre blanc » qui nous permettra d’en savoir un peu plus.

 

LE MATIN  _______________________

 

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