LE TORCHON BRÛLE ENTRE LAHLIMI ET LE GOUVERNEMENT

LE TORCHON BRÛLE ENTRE LAHLIMI ET LE GOUVERNEMENT

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Tout a commencé il y a quelques jours quand Lahlimi a invité la presse à une rencontre pour leur faire part des prévisions économiques de son institution pour cette année, prévisions qui contredisent en tout point de vue celles avancées par le gouvernement et qui se veulent, elles,  très optimistes. Pour seul exemple des appréciations divergentes des deux parties, le Haut Commissaire au Plan table sur un taux de croissance dépassant à peine les 2% alors que le ministre de l’économie et des finances l’estime à plus de 5%. Idem pour le déficit budgétaire et la qualité de la saison agricole sur lesquels il y a une divergence totale. Il faut dire que c’est une tradition chez Lahlimi que de contester chaque année les données du gouvernement et d’aller à contre-courant du discours officiel , ce qui faut le reconnaître, relève des prérogatives que lui confère sa mission. Ce n’est pas l’avis du ministre des affaires générales, El Ouafa, qui s’en est pris violemment et en termes peu courtois au Haut Commissaire, considérant qu’il outrepasse ses obligations, qu’il se prend pour un ministre, et insinuant même qu’il aurait un lit dans son bureau, et possèderait une villa luxueuse que même le premier ministre ne peut rêver posséder un jour, allant jusqu’à prédire la fin de sa carrière dans les plus brefs délais.

Ce qui peut paraître comme un désordre institutionnel et une cacophonie officielle, n’est pas pour déplaire aux organismes financiers internationaux et autres bailleurs de fonds qui se plaisent à disposer de telles données contradictoires et qui accordent un intérêt particulier aux chiffres du Haut Commissariat au Plan qu’ils jugent crédibles.

Pour sa part, le ministre de l’économie et des finances s’est invité dans cette polémique en assurant que les prévisions du gouvernement étaient justes et inattaquables, façon de conclure que la controverse n’a pas lieu d’être.

En attendant, c’est la tête de Lahlimi qui semble être mise à prix alors que le gouvernement s’apprête à examiner un changement de statut et d’appellation de son organisme qui ne va pas dans le sens du poil du gouvernement.

 

Actu-maroc.com____________________

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