L’Égypte, une économie aux pieds d’argile

L’Égypte, une économie aux pieds d’argile

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L’arrière boutique égyptienne est moins attirante. Un peu plus de 18% de la population vit avec moins de deux dollars par jour, contre environ 13% en Tunisie et 14% au Maroc, selon les chiffres de la Banque mondiale. Et encore, cette proportion a baissé de 14% entre 2005 et 2008 grâce au dynamisme de l’économie, estime l’institution. Ce chiffre global cache de grandes disparités régionales, rappelle l’organisation internationale.

Croissance insuffisante

Culminant à 5,5% en 2010, la croissance est en effet robuste, tirée par la construction le développement des télécommunications. Mais, avec 700.000 nouveaux entrants sur le marché du travail chaque année, c’est insuffisant pour faire baisser le chômage. Résultat, un tiers des jeunes est au chômage, selon les estimations de BNP Paribas. Tous les pays du Maghreb vivent le même scénario, «région du monde connaissant les taux de chômage les plus élevés au monde», selon le programme des Nations unies pour le développement.

En Égypte, l’explication est notamment à chercher du côté d’un système éducatif largement insuffisant. En 2003, 87% des jeunes Égyptiens atteignaient le bac, mais seuls 32% poursuivaient des études supérieures, selon la Banque mondiale (contre 53% en France). Ces prochaines années, l’institut national de la statistique égyptien a calculé qu’il faudra créer, chaque année durant 15 ans, 73.300 places supplémentaires en université. Et ce, seulement pour stabiliser le taux de diplômés.

L’université en retard

L’université n’aborde pas ce défi dans de bonnes conditions. Elle est déjà en retard par rapport aux exigences du marché du travail, observe la Commission économique pour l’Afrique des Nations unies (Uneca): «il existe un décalage entre les offres d’emplois des entreprises et le profils des chômeurs. Le marché a connu un basculement rapide des offres d’emplois des secteurs industriels au profit des services.»

Seul débouché pour les exclus du marché du travail, l’économie souterraine a gagné du terrain, avec ses salaires de misère et sa faible productivité. Elle représentait en 2006 plus de 60% des emplois. «En conséquence, le salaire réel moyen a baissé constamment ces dernières années, augmentant le nombre de travailleurs pauvres, surtout parmi les femmes», analyse l’Unica. Les chiffres officiels ne traduisent déjà pas un niveau de vie reluisant. Le salaire moyen hebdomadaire atteignait 252 livres égyptiennes (31 euros) en 2007, selon les derniers chiffres dont dispose le Bureau international du travail (OIT).

Budget serré

Pour éviter à ces masses de travailleurs pauvres de sombrer dans la misère la plus noire, le gouvernement subventionne les prix de l’alimentaire et ceux du carburant. Combien de temps pourra-t-il mener cette politique? Cette aide aux ménages engloutit 30% du budget de l’État, selon les économistes de la banque Nomura. «Conjugué à la charge des remboursements d’une dette publique s’élevant à plus de 70% du PIB, c’est la moitié du budget qui se trouve bloqué par des dépenses incompressibles», souligne Pascal Devaux, économiste chez BNP Paribas.

Le gouvernement Moubarak ne semble donc pas avoir de marges de manœuvre financières considérables pour acheter la paix sociale et calmer la révolte. Ni pour investir massivement dans l’éducation, comme les institutions internationales le lui recommandent depuis plusieurs années.

 

lefigaro.fr

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