Leila Alaoui: objectif à l’arrêt à jamais hélas

Leila Alaoui: objectif à l’arrêt à jamais hélas

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J’avais prévu de parler du Fort Rothenburg en ce vendredi.
Il attendra. Cela fait longtemps qu’il attend et ça ne lui fera pas plus mal d’attendre encore un petit peu.
Voilà quelques jours la triste nouvelle est tombée, celle de la disparition de l’artiste photographe Leila Alaoui. Mercredi elle a été inhumée à Marrakech, sa terre d’origine.
En martyre de la barbarie et de l’obscurantisme, elle a succombé à ses blessures après avoir lutté courageusement sans succès hélas contre la mort, des heures et des heures.
Son talent, son statut d’artiste n’ont rien pu contre des balles tirées à bout portant.
Son objectif ne pouvait la défendre.
Son sort était  scellé, l’aveuglement de bandits vertébrés avait fait qu’elle était au mauvais lieu, au mauvais moment.
Son heure était venue, dirions nous.
Je crois au destin et pourtant, au plus profond de moi même, pèle mêle se heurtent la colère et la tristesse, l’impuissance et l’affliction.
Je suis furieux.
Avec la disparition de Leila Alaoui que je n’ai jamais connue, jamais rencontrée, c’est un grand projet d’artiste qui prend fin tragiquement par les mains sales de criminels impitoyables.
Des criminels qui dans leur frustration décident de prendre la vie à des innocents pour assouvir leur soif de sang et de la mort.
Leur verdict est sans recours.
Voilà donc parmi nous des vampires de la pire espèce, capables en une fraction de seconde d’éliminer tant et tant de vies juste parce qu’elles étaient là sur leur passage. Des criminels capables d’épandre des litres et des litres de sang et de les enjamber sans pitié.
Telle une tornade, ils s’abattent sur les gens juste pour semer la terreur, pas plus, mais avec quelles conséquences.

Leila était là pour un travail humanitaire, ses tueurs ne savent pas ce qu’est l’humanitaire, leur mission est aux antipodes de l’humanisme.

L’artiste qu’elle fut, prenait des photographies sur le vif, au hasard des rencontres, elle consacrait et figeait à jamais, entre autres, le Maroc profond, sans fioritures.
A travers des visages, des postures, des couleurs, à travers sa beauté crue tout court, le Maroc s’offre ainsi à nous dans toute la splendeur que seul un objectif braqué sur les traces du temps, peut desceller.
A chaque fois qu’on exposera l’une des ses œuvres, à chaque fois que l’on s’arrêtera devant l’une de ses photos, elle sera là dans le noir à dire: j’aurais pu faire plus et peut être mieux.
Moi Je veux juste crier haut et fort: je suis musulman, je ne suis pas islamiste.
C’est ce qui me traverse l’esprit, là, en ce moment, alors je le dis.
Mais cela est une autre paire de manches.
 Aller sur Google, tapez Leila Alaoui et contemplez la beauté de ses œuvres en écoutant la chanson de la circonstance.



Par Aziz Daouda

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