Pourquoi notre foot est-il malade de violence chronique !?

Pourquoi notre foot est-il malade de violence chronique !?

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Mais lorsque joueurs et dirigeants enjambent le pas et se font soldats de cette guerre verbale, il y a une limite qui est franchie et une forme d’incivisme qui déborde.

A défaut d’être compétitifs et conquérants aux yeux du public, certains joueurs, entraîneurs et dirigeants se montrent très braves lorsqu’il s’agit de disputes de voyous…

En effet, afin d’esquiver la colère de supporters furieux, ces derniers entrent en phase avec le public en faisant preuve d’une agressivité et d’une violence qui leur donne l’illusion d’être de braves guerriers au service de leur club.

 

Des dirigeants guerriers…

Lorsqu’il y a deux mois, l’ex-président du CODM montrait devant les caméras, ses talents de boxeur – Aziz Amri en sait quelque chose – on s’est dit que ce monsieur a tout compris en donnant l’exemple à une foule déchaînée et frustrée. Comparaison n’est pas raison, surtout lorsqu’on habite une autre planète, mais jamais au cours des 30 dernières années on a un Alex Ferguson boxer un adversaire. Au contraire, Sir Alex serre toujours la main du coach en face quelque soit le résultat de MU. Mais, il est bien vrai que la classe et les bonnes manières ne sont pas données à tout le monde.

Cependant, il est grand temps d’imposer aux présidents et entraîneurs un code de bonne conduite, car beaucoup ont souvent une attitude qui met la poudre au feu !

 

Un derby au-dessus de la loi !!

Lorsque les joueurs du Raja et du Wydad ont le sentiment ou la certitude si vous préférez, que l’arbitre ne va pas sortir de carton rouge et encore moins siffler de penalty au cours du derby, quelle attitude voulez-vous qu’ils adoptent et quelle correction peut-on exiger d’eux !?

Le derby bidaoui n’a pas le droit d’être au-dessus de la loi, car cette dernière repose sur le principe qu’elle doit être applicable de la même manière à toutes les équipes sans exception aucune.

Cela est une toute autre histoire si les arbitres du derby recevaient des instructions pour « gérer » le duel casablancais, mais sur le plan de l’éthique et de la morale, le rôle du référée est celui de faire respecter les règles du jeu. Et dans ce cas d’espèce, faire respecter les règles du jeu suppose logiquement de sanctionner les joueurs qui enfreignent ces règles.

Lors du derby, on a vu un joueur cracher à la face d’un adversaire et un autre giflant son vis-à-vis, sans que cela n’ait provoqué aucune réaction du référée comme s’il s’agissait d’un vulgaire combat de rue !

Considérer le derby comme un match entièrement à part est une chose, mais en faire une rencontre au-dessus de la loi est une logique malsaine pour notre football, pour les clubs casablancais eux-mêmes, et pour l’équité et l’égalité, car cela lèse les droits des 14 autres équipes de la Botola Pro. Mais lorsqu’on entend ce genre de commentaires à la télé : « L’arbitre n’a pas voulu siffler un penalty à la 88ème minute »… On se dit que la messe est dite…

 

Les justiciers font plus de mal que de bien…

Il n’y a pas de fumée sans feu et l’arbitrage a certainement sa part de responsabilité dans le climat d’injustice et le sentiment de frustration que doivent ressentir les dizaines de milliers de supporteurs.

Le sentiment d’injustice provient du fait que les images des actions ligitieuses sont analysées et disséquées sur toutes les chaînes de télé, et même depuis peu à la radio…

Le problème, c’est que ces nouveaux justiciers médiatiques ne règlent en rien cette affreuse situation.

Pire, ils font beaucoup plus de mal que de bien… car dans l’esprit de beaucoup la confusion est telle une tâche indélibile !

En effet, un arbitre peut très bien siffler deux penalties imaginaires, omettre d’en siffler deux bien flagrants, refuser des buts pour des hors-jeu douteux ou fermer les yeux sur des hors-jeux flagrants, rien ni personne ne changera le résultat du match – même pas le président de la FIFA voire celui de la FRMF…

Le sentiment de frustration provient du fait qu’aucune justice n’est rendue aux équipes lésées une fois que les justiciers de la télé rendent leur verdict en tranchant noir sur blanc d’une manière irréfutable et irrémédiable que : « Là, il y avait vraiment but, ici, il avait penalty et là-bas hors-jeu visible à cinquante mètres ».

Ce n’est pas pour légitimer la violence que rien ni aucune morale ne peut excuser, mais voilà, il faut croire que l’Etat de nervosité permanent et de violence chronique dont souffrent notre foot sont le résultat d’un ras-le-bol et l’expression d’injustices et de frustrations dans un univers où les inégalités sont la règle et l’équité l’exception.

 

Hafid FASSI FIHRI

Pour actu-maroc.com

 

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