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D’après les résultats des enquêtes relatives au capital humain au Maroc, présentés mercredi à Rabat, l’enseignement ne remplit pas pleinement sa fonction.

Le Haut Commissariat au Plan a organisé, mercredi à Rabat, une rencontre au cours de laquelle ont été présentés les résultats des enquêtes relatives au capital humain au Maroc.

Il s’agissait ainsi de se pencher sur les aptitudes des Marocains à produire de la richesse. Il s’avère d’après les résultats de l’enquête que l’enseignement ne remplit pas pleinement sa fonction.

Le Haut-Commissaire au Plan, Ahmed Lahlimi Alami a ainsi souligné « l’importance de la réforme de l’enseignement de manière à renforcer davantage la productivité du système, ainsi que la diversification des structures économiques pour promouvoir de nouveaux secteurs offrant des emplois décents ».

L’enquête nous apprend que la proportion de la population âgée de ’25 ans et plus’ ayant un niveau d’études collégiales, secondaires ou supérieures est de 29,9% en 2013. Bien qu’elle ait connu une hausse de 37,2% entre 1999 et 2013, elle reste en deçà de la moyenne des pays à développement humain moyen (47,5%), et nettement inférieur à la moyenne mondiale (63,6%).

L’enquête nous apprend par ailleurs que le nombre moyen d’années de scolarité par actif occupé a augmenté de plus de moitié (59,3%) au cours des deux dernières décennies, passant de 3,2 en 1991 à 5,1 en 2013.

Calculé pour la population âgée de 25 ans et plus, le nombre moyen d’années d’études se situe à 4,3 ans. La moyenne mondiale est de 7,7 ans, celle des pays à développement humain faible est de 4,1 ans et celle des pays à développement humain moyen de 5,5 ans.

Préscolaire, enseignement sélectif

S’agissant de l’enquête sur l’enseignement préscolaire, les résultats montrent que l’enseignement préscolaire réduit de moitié les déperditions scolaires, améliore la réussite, d’au moins 50%, tout au long de la trajectoire scolaire et majore significativement le capital humain et l’espérance de vie scolaire.

Cependant, note le rapport, le secteur du préscolaire ne bénéficie qu’à moins de 60% des enfants à préscolariser et connait déjà des changements structurels qui consacrent son caractère sélectif.

A côté de la régression avérée de sa composante traditionnelle, pourtant accessible, ce secteur d’enseignement affiche, depuis la fin des années 1990, une baisse tendancielle des effectifs préscolarisés, et peine à atteindre les milieux défavorisés dont ceux ruraux.

Enfin, il est à noter que la préscolarisation améliore certes le rendement scolaire, mais elle ne permet pas, à elle seule, d’éradiquer les inégalités de chances vis-à-vis de la réussite scolaire, comme le souligne l’enquête.

Le milieu de résidence, le sexe de l’enfant et le niveau d’instruction des parents, proxy de l’aisance matérielle et de l’origine sociale, constituent, à côté de la préscolarisation, des déterminants fondamentaux de la réussite scolaire.

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