L’enseignement de l’amazigh « ne doit pas être perçu comme un luxe ni...

L’enseignement de l’amazigh « ne doit pas être perçu comme un luxe ni un handicap » (Ahmed Boukous)

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-Propos recueillis par Ilias Khalafi-

« Ce n’est pas quelque chose de superflu », a déclaré M. Boukous dans un entretien à la MAP pour dresser le bilan de l’enseignement de la langue amazighe dans les établissements scolaires.

Le recteur qualifié ce bilan de « globalement positif » sans toutefois exclure la persistance « d’un certain nombre de problèmes ». Il a notamment cité le manque d’enseignants, aussi bien au primaire qu’à l’université, « manque qu’on pourrait combler, a-t-il estimé, à travers le renforcement de la formation d’enseignants et la création de postes budgétaires à cet effet. »

Un autre problème est inhérent aux textes régissant l’enseignement de cette langue. Pour y remédier, le Conseil supérieur de l’enseignement (CSE) est en train d’étudier les divers aspects de l’enseignement des langues de façon générale, y compris l’amazigh, « afin de produire un document dans lequel sera explicité le statut de l’amazigh dans le système éducatif marocain ».

Dès la rentrée 2003-2004, l’IRCAM et le ministère de l’Education nationale se sont attelés à l’élaboration de curricula et de manuels ainsi qu’à la formation d’enseignants et d’inspecteurs en la matière.

Selon lui, « l’enseignement de l’amazigh est effectif depuis la rentrée 2009-2010 pour de nombreuses écoles, dans les six niveaux du primaire. Aujourd’hui, on compte environ 10.000 enseignants de la langue amazighe dans quelque 3.400 écoles ».

+ La langue amazighe à l’Université +.

L’enseignement s’ouvre de plus en plus sur la culture amazighe. Et c’est en 2007 qu’une filière des études amazighes a été mise sur pied à l’Université Ibn Zohr d’Agadir, rappelle M. Boukous.

Aujourd’hui, il existe aussi une filière de langue amazighe à la Faculté des Lettres de Fès et d’Oujda et une autre à la Faculté de Lettres de Tétouan, avec une spécialisation à la fois dans la langue arabe et la langue amazighe pour cette dernière.

Ils sont plus d’un millier d’étudiants à avoir l’amazigh en langue de spécialité, et déjà les lauréats de ces filières se font de plus en plus nombreux, a-t-il tenu à préciser.

L’IRCAM, a-t-il ajouté, intervient essentiellement dans la conception et le développement de programmes didactiques et de curricula, en coordination avec les services compétents du ministère de l’Education nationale, des Académies régionales d’Education et de formation, les présidents et doyens des universités.

Dans les universités où sont mis en place des cursus en langue amazighe, l’encadrement est essentiellement assuré par les chercheurs de l’institut « avec un apport de 70 pc dans certains cas ». « En plus de l’encadrement, nous mettons au service de ces filières la documentation et toutes les publications de l’IRCAM », a précisé le recteur.

Côté inspection, cette institution organise des sessions intensives de formation des inspecteurs selon l’approche de formation en cascade, avec vocation pour les bénéficiaires de perfectionner à leur tour les collègues exerçant dans les régions n’ayant pas bénéficié de formations auprès de l’IRCAM.

+ Partenariats multiformes à fort impact socio-culturel+.

En matière d’échange et de développement, a indiqué M. Boukous, l’Institut a développé une stratégie de partenariat qui tend à élargir l’horizon de cette institution, à bénéficier de l’expertise offerte par d’autres institutions nationales ou internationales et à associer d’autres acteurs à son travail.

L’IRCAM a en effet conclu une série de conventions avec les ministères de la Culture, de la Communication, le département chargé des MRE ainsi qu’avec plusieurs universités (Agadir, Fès, Oujda et Tétouan), le Conseil national des droits de l’Homme et le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger.

Il veille en outre, a relevé le recteur, au développement d’un axe « extrêmement important » en direction de la société civile, avec en toile de fond un soutien financier et culturel accru au profit d’un grand nombre d’associations pour la mise en oeuvre d’activités récréatives et d’animation socio-culturelle.

A l’échelle internationale, l’institut a mis en place des programmes de partenariat avec des instances abritant des départements spécialisés dans l’étude et la recherche sur l’Amazigh, tels que l’Institut national français des langues et civilisations orientales (INALCO) et certaines universités maghrébines et néerlandaises.

Dans l’ensemble, l’IRCAM assure une fonction de consultation et de médiation auprès des institutions nationales en émettant des avis sur les questions à l’ordre du jour comme la régionalisation, l’information, les droits humains, la formation des associations des MRE et la réforme constitutionnelle.

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