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L’équipe du Maroc de football qui vient d’être auréolée d’une qualification à la Coupe du monde et qui a plongé notre pays dans l’euphorie et l’hystérie, n’est malheureusement que l’arbre qui cache la forêt. On vous explique pourquoi.
La majorité des clubs si l’on excepte le FUS , le WAC qui vient de remporter un joli pactole et la RSBerkane , eh bien la majorité des clubs des deux divisions crient famine , vivent des fins de mois très difficiles en raison de situations financières misérables. Ce qui explique des salaires impayés et des retards dans le règlement des primes.
En vérité,  ces clubs ne disposent pas de rentrées d’argent conséquentes puisque les recettes des rencontres de Botola sont en général dérisoires et souvent ne couvrent même pas les frais d’organisation.
Ces clubs ne comptent en général que sur les subventions des conseils communaux et régionaux et sur les droits de retransmission télé versés par la fédération.
Imaginez que ce dimanche au lendemain de la qualification , l’équipe du Raja de Béni Mellal n’avait pas les moyens d’acheter des bouteilles d’eau et son président a déclaré qu’il ne savait pas quoi faire pour le prochain déplacement à Benguerir alors qu’il n’y a pas une très grande distance entre les deux villes.
Ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Et ceci prouve que l’équipe nationale qui ressemble à un palace cinq étoiles est franchement une vitrine qui ne reflète absolument pas la véritable situation de misère dans laquelle se débat le football marocain. De plus la majorité de nos joueurs , dix-neuf sur vingt -cinq  de ceux qui ont fait le déplacement d’Abidjan  , sont issus des centres de formation de France,  d’Espagne et de Hollande.
Alors au lieu d’induire l’opinion publique en erreur par des contre-   vérités , regardons la réalité en face car cette crise exige une réflexion profonde et une restructuration à la base.
Il est vrai que ce n’est pas la faute à la fédération si les clubs sont mal organisés et à la traîne car dans ce pays cela n’est pas nouveau,  on veut désespérément et contre vents et marées construire une économie solide sur une société en ruines.
Espérons que le projet de restructuration des clubs en sociétés sportives sera très vite mis sur les rails même si la question des financements et de la gestion saine va certainement des difficultés certaines.

Hafid Fassi Fihri

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