Les bienfaits d’une crise

Les bienfaits d’une crise

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La crise s’est rapidement développée pour se transformer en un choc et un affaiblissement global des activités économiques, causant ainsi l’écroulement de grandes institutions financières dans le monde. Beaucoup de marchés en ont souffert, et en particulier le marché de l’art dont le produit relève du luxe comparé à d’autres domaines comme l’habitat par exemple.

Comme les donateurs ont disparu ou réduit les montants de leur aide aux organismes artistiques, ceux dont les entrées d’argent étaient essentiellement basées sur les dons des divers sponsors ont souffert plus que les autres. En effet, de gros sponsors de certains musées ont fait faillite.

Les musées d’art ont donc particulièrement souffert des effets de cette crise. Je me souviens du Metropolitan Museum of Art à New-York où il n’y avait pas de prix d’accès mais plutôt un prix suggéré, qui était de 7$ au milieu des années 1990 avant de doubler durant les années 2000. Les visiteurs n’étaient pas obligés de payer ce prix-là vu qu’il n’était que suggéré. Les radins et les gens qui n’avaient pas beaucoup d’argent pouvaient donc y accéder gratuitement.

En 2009, le Metropolitan Museum of Art a gelé ses embauches et fermé plus de la moitié de ses magasins annexes. De même, la donation suggérée qui était de 15$ s’est transformée en prix obligatoire de 20$!

Certains musées ont dû recourir aux mêmes méthodes pour pourvoir survivre, comme le Art Institute of Chicago par exemple qui, lui aussi, a dû imposer un prix d’entrée au lieu d’une donation suggérée. D’autres musées, en Amérique et en Europe, ont dû vendre une partie de leur collection pour pouvoir survivre. Ce qui a provoqué une vague de protestations, conseillant aux futurs donateurs d’exiger que leurs œuvres ne soient jamais vendues.

Inutile donc de préciser que les musées européens et américains n’ont pas beaucoup investi dans l’art durant ces trois dernières années. Des œuvres d’art sont actuellement en train de sommeiller dans les sous-sols de certaines maisons de vente aux enchères en attendant que le marché de l’art ne se réveille de nouveau.

Mais une crise n’est jamais uniquement mauvaise! Il y a vingt à trente ans, de nombreuses expérimentations « artistiques » avaient été volontairement gonflées commercialement. Grâce à la crise, l’art bidon a subit un sacré coup. Un important retour à la raison s’est réalisé, favorisant le tri naturel dans la production artistique avec un certain retour vers la qualité et les valeurs sûres.

Dr Hamid Bouhioui, Artiste peintre

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