Les Croates ont dit « oui » à l’adhésion à l’Union européenne

Les Croates ont dit « oui » à l’adhésion à l’Union européenne

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Le « oui » s’est imposé avec 67,11% de voix, selon des résultats portant sur les bulletins dépouillés dans 25% des quelque 6.750 bureaux de vote ayant été ouverts, a annoncé la Commission électorale.

Désormais, le traité d’adhésion que la Croatie a signé en décembre devra être ratifié par chacun des 27 Etats membres de l’UE pour entériner son intégration dans le bloc européen prévue le 1er juillet 2013.

Après la Slovénie en 2004, la Croatie sera la deuxième des six ex-républiques yougoslaves à adhérer à l’UE, une perspective offerte à l’ensemble des pays des Balkans occidentaux.

A 15H00 GMT, soit trois heures avant la clôture du scrutin, le taux de participation était de 33,79%, selon la commission électorale.

Le Premier ministre Zoran Milanovic a déploré la faible participation au scrutin, estimant qu’il s’agissait en partie d’un « message » pour son gouvernement – installé suite aux élections législatives de décembre – de la part de la population qui souffre en raison de la difficile situation économique du pays.

Avant le scrutin, les responsables politiques croates, unanimement pro-européens, avaient fait valoir que le vote en faveur de l’intégration dans l’UE était la décision la plus importante pour ce pays depuis l’ indépendance obtenue au prix d’une guerre (1991-95) avec les rebelles serbes (20.000 morts).
« C’est un grand jour pour la Croatie », avait déclaré aux journalistes le président croate Ivo Josipovic après avoir voté à Zagreb.
« Je me réjouis puisque, dorénavant, l’Europe deviendra ma maison », avait-il ajouté.

Dimanche, le plus grand quotidien local, Vecernji List, titrait: « Le jour de la décision: l’Europe ou les Balkans », en allusion à la réputation d’instabilité dont pâtit encore cette région, marquée par les sanglants conflits des années 1990 ayant suivi l’éclatement de l’ex-Yougoslavie.

L’enthousiasme pro-européen, qui avait grimpé à plus de 80% dans les sondages en 2003, s’est estompé au fil des négociations (2005-2011) en raison des durs critères fixés par Bruxelles, dont l’intransigeance était parfois perçue comme du chantage, mais surtout en raison de la crise économique qui secoue l’UE.

Les autorités s’étaient efforcées de dissocier la crise de la zone euro de la crise économique dont souffre la Croatie, allant jusqu’à assurer aux électeurs que l’adhésion leur apporterait « un environnement financier et macroéconomique stable (…), ce qui va relancer le développement de l’économie ».

Pragmatique, Jasna Kozlovic, une retraitée ayant voté oui, a affirmé ne pas attendre de miracles de l’adhésion au bloc européen. « Nous avons besoin d’ordre et d’une vision d’avenir. Graduellement ça ira mieux » pour le pays, pense-t-elle toutefois.

Les eurosceptiques, eux, dénoncent la « perte de la souveraineté » de ce petit pays de 4,2 millions d’habitants.
« Seule une Croatie indépendante peut préserver ses richesses face aux compagnies multinationales et aux prédateurs de la mondialisation », s’est exclamé Milovan Sibl, le chef d’un petit parti ultra-nationaliste.
« L’UE est actuellement comme le Titanic après avoir heurté l’iceberg. Pourquoi monter à bord », s’interroge aussi Zorana Banac, une mère de famille, qui assure avoir voté non.

AFP_____________

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