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Les États-Unis accusent la Russie d’avoir influencé le résultat de l’élection américaine de novembre dernier par le biais de cyberattaques. La crainte de piratages a gagné l’Europe, où des élections auront lieu en France et en Allemagne en 2017.

La Russie peut-elle influencer une élection en Europe? Les agences américaines du renseignement accusent depuis plusieurs mois Moscou d’avoir piraté des ordinateurs puis fait fuiter des documents. L’objectif aurait été de nuire à la campagne présidentielle d’Hillary Clinton aux États-Unis pour favoriser la victoire de Donald Trump. Ces soupçons font craindre que des piratages surviennent en Europe , où la France et l’Allemagne doivent voter en 2017.

Aux États-Unis. Le 7 octobre, un mois avant le scrutin, le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) et la direction du renseignement (DNI) ont affirmé que le gouvernement russe avait dirigé un piratage de comptes de personnalités et d’organisations politiques dans le but «d’interférer dans le processus électoral américain». Les deux organisations fédérales avaient alors précisé que des documents ainsi dérobés ont été remis au site WikiLeaks pour publication. «Nous pensons, compte tenu de l’étendue et de la sensibilité de ces initiatives, que seuls des hauts responsables russes ont pu autoriser ces activités», relevaient-elles.

Un rapport de l’agence de renseignement CIA a ensuite fuité dans la presse après l’élection, accusant cette fois le pouvoir russe d’avoir délibérément tenté de faire élire Donald Trump au détriment d’Hillary Clinton.

Le 16 décembre dernier, la Maison-Blanche est allée plus loin: «Je ne pense pas que des événements aux ramifications aussi importantes se produisent dans le gouvernement russe sans que Vladimir Poutine ne soit au courant», avait affirmé Ben Rhodes, un proche conseiller de Barack Obama sur la chaîne MSNBC, impliquant directement la responsabilité du président russe. Ce piratage informatique aurait non seulement affecté les démocrates dans la course à la présidence mais également des élections pour le Congrès à Washington et des scrutins locaux.

Ce jeudi, Barack Obama a annoncé jeudi une série de mesures contre les services de renseignement russes, destinées à sanctionner Moscou accusé d’ingérence dans l’élection présidentielle américaine.

En France. Avec des élections présidentielles en avril et mai puis législative en juin et sénatoriale en septembre, les dirigeants français ne font pas part publiquement d’inquiétudes concernant une éventuelle ingérence russe dans la campagne. François Fillon, candidat Les Républicains, a lui été accusé de faire preuve d’un «tropisme prorusse» par Manuel Valls. Le 20 décembre dernier, Le Canard Enchaîné affirmait que le Front national comptait s’appuyer sur les bonnes relations qu’il entretient avec Moscou pour obtenir un prêt de 30 millions de dollars, en échange de l’engagement de la candidate du parti à reconnaître la Crimée comme partie intégrante de la Russie, si elle emportait l’élection. Une information démentie par les cadres du parti depuis. Le prêt de 9 millions d’euros, déjà accordé par une banque proche du pouvoir russe au FN en 2014, avait soulevé des interrogations sur l’indépendance du FN vis-à-vis de Moscou.

Mais la Russie peut-elle pour autant déstabiliser le processus électoral en France? «La campagne présidentielle est-elle aussi vulnérable qu’aux États-Unis? Oui: les partis ont des structures ouvertes pour dialoguer avec les citoyens. Les autorités s’en inquiètent-elles? Oui: le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) organisait le mois dernier un séminaire pour sensibiliser partis politiques, instituts de sondages et organismes agréés pour le vote électronique. De là à assister à une attaque de déstabilisation du vote? Il n’y a, à ma connaissance, aucune menace avérée pour l’instant», expliquait au Figaro à la mi-décembre Gerome Billois, expert cybersécurité au sein du cabinet Wavestone.

En Allemagne. Tandis que le pays commence les préparatifs pour une élection législative qui aura probablement lieu en septembre 2017, la chancelière Angela Merkel – qui brigue un quatrième mandat – et de hauts responsables ont prévenu que l’Allemagne allait être visée par des cyberattaques en provenance de Russie. Il existe des «informations selon lesquelles des cyberattaques se produisent dans le seul but de créer de l’incertitude politique», a estimé fin novembre Bruno Kahl, patron des renseignements extérieurs allemands. «L’Europe est au centre de ces tentatives de déstabilisation et l’Allemagne tout particulièrement», a-t-il poursuivi, précisant que des «éléments» pointaient en direction de la Russie.

Le patron du renseignement intérieur allemand, Hans-Georg Maassen, avait évoqué une campagne de piratages et de désinformation dirigée par Moscou qui prend de l’ampleur dans le but de «déstabiliser» l’Allemagne. «Dans la sphère politique, nous détectons un espionnage informatique de plus en plus agressif», a-t-il relevé. «Des informations récoltées par des cyberattaques pourraient apparaître dans la campagne, de façon à discréditer les acteurs politiques allemands. Les signes de tentatives d’influencer les élections parlementaires allemandes l’an prochain se multiplient».

Au Royaume-Uni. Il n’y a pas d’élection prévue à ce stade dans le pays. Néanmoins, début décembre, le patron du renseignement extérieur MI6, Alex Younger, a estimé que la «guerre hybride», cyberattaques et propagande, représentait une «menace fondamentale» pour les démocraties occidentales. Visant indirectement la Russie, il a relevé que «la connexion au cœur de la mondialisation peut être exploitée par des États ayant des intentions hostiles» pour accroître leur influence.

Source : lefigaro.fr

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