Les déchets d’Italie, une question de crédibilité…

Les déchets d’Italie, une question de crédibilité…

1039
0
PARTAGER

J’ai volontairement choisi de ne pas faire de commentaire sur l’affaire des déchets Italiens, car il était impossible de prouver quoi que ce soit l’accès aux sources d’information étant ce qu’il est dans notre pays, mais là il est opportun d’apporter quelques précisions sur cette question.
Cette affaire montre que les marocains ont très peu confiance en tout ce qui ressemble de loin ou de près à l’administration, que beaucoup d’entre eux vivent dans un état de défiance et de méfiance entretenues par l’ignorance, la sous-information et les rumeurs infondées qui grossissent à défaut.., et n’accordent que peu ou aucune crédibilité à l’action du gouvernement…
Mais si le citoyen lambda juge très peu crédibles les discours d’un ministre ou du directeur-général d’une entreprise, Il considère pourtant comme véridique  et prend pour argent comptant tout  ce qui est colporté par les réseaux sociaux , certains sites électroniques et même la presse de caniveau..
Il s’agit là d’un fait social majeur, d’envergure et d’une gravité incroyables!
Et la liberté que procure Internet a favorisé l’émergence d’une génération de jeunes dévergondés complètement libérés  et très critiques et sceptiques par rapport à la pensée unique et aux discours officiels…
Sinon, dans cette affaire de déchets provenant d’Italie, il n’a jamais été prouvé que ces derniers étaient toxiques et aucune ONG dans notre pays ne dispose des moyens financiers et des compétences techniques pour prouver que cette cargaison constitue un grave danger pour la santé des marocains ..
Dans le cas d’espèce , on se fie aux analyses effectuées par LPEE , le Laboratoire   d’Études et d’ Analyses , qui demeure très compétent et dont la rigueur scientifique est reconnue à l’international , en attendant que les analyses contradictoires envoyées en France soient conformes à celles faites par LPEE et confirment que cette cargaison n’a rien de toxique…
Malheureusement, les ONG ont préféré crier au scandale et n’accorder aucun crédit au Laboratoire national et au fait que le Maroc est partie prenante de la convention de Bâle sur les déchets dangereux et que tous les instruments juridiques et institutionnels pour l’application de cette convention ont été élaborés et mis en oeuvre par le département de l’environnement.
Il faut dire les choses clairement : si l’on a pas confiance en LPEE ou au ministère de l’environnement , on peut penser tout ce qu’on veut car si la Mafia Italienne a vraiment  envoyé ce bateau, elle peut très bien corrompre le LPEE et le pousser à manipuler les analyses!!
Pour terminer, l’utilisation de combustibles alternatifs dans la Cimenterie n’est pas nouveau et cela a commencé depuis 2002 dans notre pays ..
Et que ces déchets proviennent d’Italie ou de la décharge du coin cela est du pareil au même  même si franchement nos ordures sont mille fois plus toxiques !
Cette affaire doit au moins servir à quelque chose : que la question de la gestion rationnelle et écologique de nos décharges et du traitement de nos déchets soit définitivement réglée , que le tri sélectif des ordures soit obligatoire à la source ou après mise en décharge et que nos communes puissent produire ces carburants alternatifs à mettre à la disposition des Cimentiers …
Ceci étant, nos déchets peuvent également servir pour la production de Biogaz ou être valorisés énergétiquement car ce sont de véritables sources d’énergie produites au quotidien par les ménages et les différents secteurs d’activité.
En un mot comme en mille, la protection de l’environnement n’est pas une mode ou un luxe mais un levier et un marché prometteur qui permet de créer des entreprises, de la richesse et des centaines de milliers d’emplois tout en contribuant à moderniser la société et améliorer le cadre de vie des populations..
Tout le reste n’est que très mauvaise littérature et débat de très mauvais goût.

Hafid Fassi Fihri

Commentaires